Réforme du code du travail: le tocsin est sonné !

Hier, dans l’après-midi, le gouvernement a sonné la charge pour défendre son projet de loi controversé sur le code du travail. En créant un compte sur Twitter, il s’est, en effet, mis en position de lutte. Après la déflagration de la tribune signée par Martine Aubry dans Le Monde, Manuel Valls et François Hollande ont donc répliqué sur plusieurs fronts : le Premier ministre a répondu de manière véhémente dans le même journal et le gouvernement a donc lancé ce grotesque compte twitter. Les réactions n’ont pas tardé à apparaitre sur le réseau social à l’oiseau entre moqueries et colère.

Dans l’Histoire de notre pays, le tocsin était sonné pour prévenir la population d’un danger important – le plus souvent un incendie – mais aussi pour rassembler la population en cas d’urgence. Les deux pyromanes à la tête du pays n’en sont pas à leur premier départ d’incendie – prolongation de l’état d’urgence, déchéance de nationalité, tournant libéral – mais celui-ci pourrait bien se retourner contre eux, voire mettre le feu entre eux si l’on en croit les différentes sources indiquant un climat glacial de quasi-cohabitation entre le président de la République et son Premier ministre.

L’ombre menace nos droits sociaux

Entendez-vous le vol noir des corbeaux libéraux sur nos plaines ? C’est nos droits sociaux qu’ils sont en train d’enchainer, ignorant avec mépris les cris sourds d’un pays désespéré. Manuel Valls reproche à ses contempteurs de gauche d’être restés bloqués au XIXème siècle alors que lui représente la gauche moderne – comprenez la gauche de droite. La vérité, c’est que ce projet de loi est en train de nous ramener bien des années en arrière au niveau des droits des travailleurs. Si le texte est voté, les travailleurs seront livrés à eux-mêmes puisque des accords intra-entreprises pourront s’imposer à la loi. Quand on connait les moyens de pression que possèdent aujourd’hui les patrons – signez ou vous êtes virés en somme – il ne s’agit ni plus ni moins que de mettre dans leurs mains tous les pouvoirs. Voilà presque 50 ans que les patrons réclamaient ce que le gouvernement est en train de lui offrir : le droit de licencier comme bon leur semble.

On nous dit qu’une telle réforme favorisera l’embauche et fera donc, par conséquence, baisser le chômage. L’hypocrisie est bien grande dans la bouche d’un Premier ministre qui a passé son temps à faire des cadeaux aux entreprises, à accéder aux moindres demandes de Monsieur Gattaz sans qu’à aucun moment il n’y ait aucune contrepartie. Près de 40 Milliards d’euros ont déjà été offerts aux entreprises depuis le début du quinquennat. Pour quel résultat ? Une marée humaine de chômeurs supplémentaires alors même que le Medef s’était engagé à créer 500 000 emplois en échange des divers cadeaux fiscaux et autres allégements de charges. Penser que le détricotage des 35h, qui se profile avec la baisse de la rémunération des heures supplémentaires, réduira le chômage, c’est faire preuve d’une grave méconnaissance économique : les entreprises useront et abuseront des heures supplémentaires plutôt que d’embaucher. Le résultat ? Un chômage toujours plus grand et une précarisation des salariés. Voilà la société que nous propose l’hydre à deux têtes au pouvoir actuellement.

Peuple, lève-toi !

Et si, paradoxalement, le gouvernement était en train de rendre le plus grand des services aux tenants d’une alternative à gauche issue d’un large mouvement populaire ? La constitutionnalisation de la déchéance de nationalité – débat loin d’être terminé – avait vu un début de frétillement dans le peuple français. Si le gouvernement ne retire pas son projet de loi, il se pourrait que les contestations relatives à la déchéance de nationalité fassent figure de simple répétition à un mouvement populaire massif de défiance à l’égard du pouvoir en place. La pétition réclamant le retrait du projet de loi a déjà recueilli plus de 500 000 signatures en l’espace d’une semaine et de nombreux mouvements se mettent en place sur les réseaux sociaux, le plus abouti d’entre eux est sans conteste celui issu d’un collectif de youtubeurs et relayés par tout le monde sur Twitter avec le hashtag #Onméritemieuxqueça.

La jeunesse se retrouve donc en première ligne dans ce combat contre le gouvernement et pour nos droits sociaux. Et l’engagement dépasse les simples réseaux sociaux puisqu’une manifestation commence à se mettre en place pour le jeudi 9 mars. Rappelons-nous qu’en 2005, le CPE avait été abandonné après un début de mobilisation massive des jeunes. Cette jeunesse qui ressent une profonde défiance et un profond désenchantement à l’égard de la classe politique mais qui dans le même temps a fortement envie de s’engager de manière citoyenne depuis les attentats sanglants qui ont frappé notre pays l’an passé voit dans cette mobilisation une occasion inouïe de faire de la politique au sens premier du terme, s’engager dans la vie de la cité. Le mouvement des indignés ou le discours de Bernie Sanders donnent envie à de nombreuses personnes de s’engager afin de refonder la politique. A un peu plus d’une année de l’élection présidentielle de 2017, notre pays tient là une occasion magnifique de faire émerger un réel mouvement citoyen et une autre manière de faire de la politique.

Nous le voyons donc, François Hollande et Manuel Valls viennent peut-être d’allumer la mèche et risquent bien de voir le pétard leur exploser entre les mains. Pour ceci, il faudra que l’opposition farouche à leur texte passe des écrans d’ordinateurs aux rues de notre pays. La jeunesse est la sève de ce mouvement qui se met en place, ma génération n’a pas encore connu de grande mobilisation, il faut un début à tout. En se lançant sur Twitter le gouvernement a sans doute voulu convaincre une jeunesse qui ne croit plus en lui alors même que François Hollande avait fait d’elle sa grande priorité durant la campagne de 2012. Nous possédons là une occasion inespérée de mettre en place un mouvement réellement citoyen, à condition de ne pas laisser les politiques de tout bord récupérer le mouvement. En poursuivant dans cette logique, le gouvernement risque bien de provoquer une apocalypse dans tous les sens du terme : un désastre pour lui, une révélation pour nous.

Un commentaire sur “Réforme du code du travail: le tocsin est sonné !

  1. J’appelle de tous mes vœux une victoire de la gauche radicale française, le plus tôt possible, et si ce n’est pas en 2017, au moins que cela soit en 2022.

    Le Socialisme est peut être le meilleur des systèmes possibles, mais beaucoup trop de gens croient encore la paraphrase célèbre de Margaret Thatcher : « The problem with socialism is that eventually you run out of other people’s money ».

    Il est urgent d’en avoir le cœur net !

    Je pensais que la question serait définitivement tranchée avec la victoire de SYRIZA en Grèce en janvier 2015. Malheureusement, d’une part c’est un trop petit pays, d’autre part Tsipras est maintenant perçu comme un traître qui n’a pas fait ce qu’il aurait dû faire. ll faut que la France s’y colle. Bon courage !

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