Pourquoi avons-nous perdu la voix ?

Aujourd’hui, Evan Risch revient sur le silence, sur notre silence, assourdissant à propos des multiples affaires qui gangrènent la République.

Financement libyen, entre soi,  séisme Trump, élites déconnectés, oligarchie : tels sont les expressions revenant comme des leitmotivs sur nos écrans si tant est que l’on suive les rares journalistes qui font encore leur métier.

Ces expressions vont au-delà de simples faits divers mais symbolisent un pouvoir faisandé par la corruption, l’intolérance, le mépris et la condescendance. Ces mots, ou plutôt ces maux, altèrent notre démocratie au point de la dénaturer de son principal pilier : le peuple.

En effet, ces coups de couteaux plantés en plein cœur d’une démocratie en perdition viennent faire perdre à chacun d’entre nous deux éléments cardinaux de notre existence : la voix des urnes et la voix de la contestation et de la revendication.

L’abstention comme ultime protestation

Mêlant désespoir et rejet, l’abstention est bien la conséquence de ce système à bout de souffle et non pas sa cause comme certains le prétendent. Cette abstention, mon abstention future, vient couronner un écœurement profond causé par l’injustice et les troubles que ces irresponsables responsables ne cessent d’amplifier par le truchement de discours hystériques, haineux et doctrinaires.

Ces discours venimeux sont aussi loin de la réalité que des préoccupations véritables de chacun d’entre nous que sont l’éducation, l’emploi, l’innovation, l’écologie et non les querelles internes d’un parti rongé par les mensonges et les mises en examens, les doubles rations de frites, et encore moins la réintroduction du service militaire.

C’est donc bien par la faute de ces personnages aussi méprisants que déconnectés, qu’une partie croissante de la France ne fera pas usage de sa voix lors de deux tristes soirées printanières. Bien que beaucoup s’échinent à nous persuader que les abstentionnistes ne sont que des individus mal éduqués et non politisés, car hostile à leur vision politicienne qui sévit et anéantit notre démocratie jour après jour.

La rue, grande muette

Décennie après décennie, la mondialisation et la globalisation financière que chérissent tant nos chers caciques politiques ont individualisé les rapports sociaux, faisant de l’esprit collectif une notion dépassée et oubliée. Cette volonté d’individualisation de la société ayant pour but d’éradiquer toute conscience collective et donc d’annihiler intégralement les luttes menaçant le pouvoir en place s’est appliquée en un temps record et a fait perdre à chaque citoyen et donc à la rue, sa voix.

Cette même individualisation, qui, par le biais d’une concurrence individuelle exacerbée, conduit à un nationalisme alarmant, conduisant à un antagonisme haineux entre les nations devenues de véritables prisons mentales au service d’un pouvoir néolibérale traitant les travailleurs comme des marchandises au service de leur idéologie destructrice.

Cette voix de contestation, d’insurrection, d’insatisfaction et surtout de revendication est comme bâillonnée, la rue n’a plus le pouvoir d’antan en raison de cette perte de conscience collective qui tue dans l’œuf chaque souffle de contestation.

Car, rendons nous à l’évidence, il est très mauvais signe que les rues ne s’embrasent pas au lendemain des révélations de Mediapart et des aveux de Ziad Takieddine, qui viennent exposer au grand jour la corruption et l’atmosphère  mortifère qui détruit notre Res Publica, notre bien commun et menace donc chacun d’entre nous.

De plus, ces révélations ne sont qu’une partie infime des pathologies qui maltraitent notre démocratie et font de chaque citoyen des victimes surexposées au chômage, au stress, aux maladies chroniques qui entrainent un rejet profond d’un monde qui n’est plus le leur.

De ce fait, seul un sursaut démocratique d’ampleur permettra à chacun de retrouver la voie et sa voix, ses voix, celles d’un peuple solidaire et souverain.

Pour suivre Evan sur Twitter c’est par ici.

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