La confusion antisionisme-antisémitisme en quelques lignes

Il y a quelques semaines, peu après l’agression subie par Alain Finkielkraut en marge d’une manifestation, Emmanuel Macron annonçait lors du diner du CRIF sa volonté de faire de l’antisionisme un délit. S’inscrivant ainsi dans la droite lignée de nombreux politiques ayant porté cette idée – Manuel Valls en tête – le locataire de l’Elysée tentait une nouvelle fois de surfer sur un fait divers pour donner l’image d’un homme d’action. Alors que la bande de Gaza est actuellement sous les feux de l’armée israélienne et que Benyamin Netanyahu est de plus en plus proche des idéologies les plus extrêmes, il y a de fortes chances que le débat surgisse à nouveau.

Le cirque autour de l’antisionisme transformé en antisémitisme est effectivement l’une des armes les plus utilisées par tous les défenseurs de la politique d’extrême-droite israélienne, notamment par l’AIPAC, le lobby israélien aux Etats-Unis que le site Orient XXI a bien contribué à déconstruire en diffusant un documentaire magistral sur le sujet. En tentant de criminaliser les idées politiques représentées par l’antisionisme, les zélés de la colonisation israélienne n’ont pas d’autre objectif que d’empêcher toute critique de la politique menée par Netanyahu et ses sbires, ce qui n’est pas sans engendrer de nombreux effets pervers.

Lire la suite

La lutte contre les inégalités salariales en quelques lignes

Il y a quelques semaines, l’affaire de la Ligue du LOL a secoué le journalisme français. Bien que les victimes des membres de la fameuse ligue aient également été des hommes, le sexisme primaire régnant dans les attaques nous a rappelé que bien des mois après la vague #MeToo, beaucoup de choses restaient à faire sur le sujet de la discrimination relative au sexe. Ce sexisme n’est bien entendu pas l’apanage de la France et le patriarcat demeure bien en place partout sur la planète si l’on s’intéresse un peu à la question.

Il y a, bien entendu, la question des agressions sexuelles, des viols, du harcèlement qui demeurent prégnants et l’une des preuves du système patriarcal en place. Mais pour aller plus en profondeur et parler justement de ce système il convient, me semble-t-il, de s’attaquer à la matrice même de l’inégalité entre les hommes et les femmes dans la société capitaliste, à savoir l’inégalité de salaires. Il est donc une impérieuse nécessité de lutter contre ces inégalités en se gardant bien de faire fausse route, chose que nous faisons malheureusement souvent. Ceci implique d’assumer le fait de défendre un changement systémique à l’échelle de la société.

Lire la suite

L’austérité en quelques lignes

Depuis quelques années la question des politiques austéritaires s’est imposée comme l’un des débats centraux au sein de l’Union Européenne et plus précisément dans la zone euro. Espagne, Italie, Portugal, Grèce, Irlande, nombreux ont été les pays à avoir été contraints par la Troïka (BCE – Commission Européenne – FMI) à appliquer des politiques austéritaires en baissant drastiquement les dépenses publiques afin d’obtenir de nouveaux prêts de la part de telle ou telle institution financière.

Si les pays membres de l’Union Européenne n’ont commencé à faire l’expérience de l’austérité qu’à la suite des crises de 2007-2008 puis de la zone euro, d’autres pays dans le monde les ont subies depuis bien longtemps. Il serait en effet bien malhonnête de présenter l’arrivée des politiques austéritaires sur le continent européen comme une nouveauté dans le monde. Pour autant, il me semble bien que l’exemple grec en particulier permet d’illustrer à merveille tant les impasses que le caractère autoritaire de ces politiques scélérates qui n’ont finalement pas d’autre but que de spoiler les citoyens pour offrir les Etats aux puissances d’argent.

Lire la suite

Les cotisations sociales en quelques lignes

Pour contrebalancer sa politique économique au service des plus puissants, Emmanuel Macron a présenté la baisse des cotisations sociales comme une mesure favorisant le pouvoir d’achat et augmentant les salaires. Si l’on accepte de mettre de côté (et c’est déjà un bien complaisant effort) le fait que pour certaines catégories de la population ladite mesure en faveur du pouvoir d’achat s’est révélée être une formidable escroquerie – puisqu’elle a consisté en même temps à augmenter la CSG, ce qui a pénalisé fonctionnaires et retraités – il est important de pointer à quel point dire que la baisse des cotisations participe à une hausse des salaires est un mensonge éhonté.

C’est une composante bien connue, mise en exergue par Orwell dans 1984 et pratiquée à merveille par le néolibéralisme depuis son émergence, je veux bien entendu parler de la manipulation du langage afin de nous rendre incapables de penser les choses telles qu’elles sont réellement. En ce sens, la dynamique ayant abouti à progressivement faire penser à la doxa que les cotisations sociales étaient des charges sociales avec tout l’imaginaire péjoratif qui va avec, un peu comme si celles-ci venaient grever les salaires et constituaient un poids, n’est pas la moindre des réussites du modèle néolibéral. Toute cette entreprise de propagande (parce qu’il n’y a pas d’autres termes) n’a pas d’autre but que de mettre à mal le modèle social français.

Lire la suite

La dette publique en quelques lignes

« La France a quasiment 100% de dette. […] Qui peut croire qu’on insulte son banquier, surtout s’il est étranger, lorsqu’on lui doit autant d’argent ? C’est une question de souveraineté ». En ces termes, hier sur France Inter, Gérald Darmanin le ministre de l’Action et des Comptes publics a remis sur la table la question – ou peut-être devrions-nous dire l’épouvantail – de la dette publique. En en profitant au passage pour glisser un tacle à la France Insoumise et à Jean-Luc Mélenchon, l’ex-sarkozyste n’a fait que répéter une énième fois la doxa néolibérale à propos de la question de la dette publique qui serait, si on écoute les néolibéraux, insoutenable et aliénerait la souveraineté de la France.

Il y a quelques semaines j’avais évoqué le sujet du déficit public en expliquant qu’il formait un système avec la dette publique. Le passage radiophonique de Monsieur Darmanin n’a fait que le confirmer puisqu’il a, de lui-même, lié les deux sujets en nous expliquant que c’était précisément parce que la France avait été en déficit chronique pendant 40 ans qu’elle avait une dette aussi grande (omettant au passage le poids du renflouement des banques après la crise de 2007-2008 dans son argumentaire) et qu’en conclusion, il fallait baisser la dépense publique et, vous l’aurez compris, le déficit, pour commencer à résorber ladite dette. Il n’est pas neuf de voir la dette publique brandie comme un épouvantail. Et comme tout épouvantail construit de toutes pièces, la faiblesse de l’argumentaire sur la dette publique réside dans le fait qu’il est assez facile de le déconstruire.

Lire la suite

Les forts taux d’imposition en quelques lignes

S’il est bien un sujet qui suscite des réactions tant hystériques qu’irrationnelles, c’est bien celui de l’imposition. Présentés comme une spoliation par l’Etat par les libéraux de tous poils, les impôts semblent être devenus une nouvelle forme de Léviathan, un monstre qu’il faudrait tout faire pour combattre. Editorialistes et autres penseurs néolibéraux de think thank invités partout sur les plateaux télé n’ont qu’un seul mot à la bouche dès lors que l’on aborde le sujet de l’imposition : baisser les impôts qui seraient devenus insoutenables. Ne reculant devant aucune caricature pour faire entrer la réalité dans leur vision du monde, ceux-ci passent leur temps à nous expliquer que l’Etat français est ventripotent et que la pression fiscale serait trop forte sur les Français.

Pourtant, à y regarder de plus près, le principal problème de l’imposition française est précisément qu’avec le temps elle est devenue de moins en moins progressive. Sans même parler de l’évasion et de la fraude fiscales, l’imposition française est une forme de gruyère permettant aux plus riches de profiter de niches et autres flat tax pour payer, en proportion, moins d’impôts que les classes moins aisées. Loin d’être une chimère gauchiste ou une mesure punitive, de forts taux d’imposition peuvent se révéler être à la fois bénéfique pour l’économie et symbolique d’une politique plus juste socialement.

Lire la suite

Le système représentatif en quelques lignes

Dans quelques semaines, les Français seront de nouveau appelés aux urnes dans le cadre des élections européennes. S’il y a de fortes chances que l’abstention et les votes blancs ou nuls atteignent encore une fois des niveaux records, il n’est clairement pas impossible que le pouvoir en place se serve de ces élections (en cas de bons résultats) pour affirmer qu’il est légitime et que les urnes auront alors, dans leur logique, balayé la contestation sociale. Peu importe que lesdites élections ne portent pas sur des enjeux nationaux ou même qu’une élection ne purge en aucun cas une contestation sociale, la caste au pouvoir depuis des décennies se sert abusivement du paravent des élections et du système représentatif pour s’acheter une légitimité.

Les thèses sous-jacentes sont relativement évidentes et simples à saisir. Elles se résument en un syllogisme d’un simplisme confondant : la démocratie est représentée par les élections, les élections m’ont désigné, je suis donc démocratiquement légitime. La faiblesse de cet argumentaire – au-delà du fait que le syllogisme est à la pensée ce que le fœtus est à l’humain, c’est-à-dire une forme très primitive – réside bien entendu dans le fait qu’absolument rien ne permet de faire coïncider système représentatif et démocratie, bien au contraire.

Lire la suite