Règlements de comptes : quand cesserons-nous d’être spectateurs ?

Encore un énième règlement de comptes s’est produit dans la nuit de samedi à dimanche dans les quartiers nord de Marseille. En prenant mon petit-déjeuner et en voyant les sujets se succéder à ce propos sur les chaines d’infos en continu j’avais l’impression de vivre un éternel présent. Comment, en effet, ne pas voir l’histoire inlassablement se répéter dans ces tueries ? Malgré la force de l’habitude et de la routine mortifère, c’est à chaque fois le même effroi, à chaque fois le même choc. C’est toujours les mêmes mots qui reviennent dans la bouche de ma mère d’autant plus quand les victimes n’avaient que 15 ans. A l’effroi et au choc s’est désormais substituée la résignation.

Si «l’habitude du désespoir est pire que le désespoir lui-même» ainsi que l’écrivait Camus dans La Peste, alors dans les cités des quartiers nord de Marseille nous vivons le pire sentiment qu’il soit. Tout le monde ou presque, en effet, s’est habitué à ce terrible désespoir qui voit de jeunes gens sombrer dans les trafics de drogue et tomber petit à petit sous les balles de leurs homologues. Et pendant ce temps chacun s’accommode du rôle de spectateur, des politiques aux parents en passant par les membres du réseau associatif. Les plus pervers viendront même nous expliquer qu’essayer de comprendre le pourquoi de ces agissements revient à les excuser. Alors je vous pose la question, combien de temps encore resterons-nous spectateurs ? Lire la suite

Lettre à toi, la fille de Phocée

Prologue : C’est toujours triste les aux revoir

Il paraît que c’est au moment de la quitter que l’on se rend compte à quel point on aime une personne. Cela fait déjà une année que je suis parti vers d’autres horizons pour y suivre mes études et pourtant je ressens toujours ce même spleen lorsque vient le temps de repartir et de te quitter à nouveau pour plusieurs mois. Certains me diront que je devrais désormais avoir l’habitude de te dire au revoir. La vérité c’est qu’à chaque fois que je reviens te voir je me dis que ce plaisir n’est que momentané et je me prépare mentalement à devoir te dire au revoir dans peu de temps. Malgré toutes ces précautions c’est toujours le même sentiment amer que je ressens en repartant vers ta sœur qui vit tellement loin de toi. Au moment de t’écrire ces lignes, je regarde par la fenêtre du train et je contemple une dernière fois avant des mois ta silhouette et des courbes que je connais tant. Tel Orphée qui ne put s’empêcher de se retourner pour regarder Eurydice, je suis incapable de détourner mon regard même si ce coup d’œil m’emplit de mélancolie. Lire la suite

Marseille, cet anti-modèle pour les politiques urbaines

Des problèmes que rencontre Marseille, on évoque souvent l’insécurité, la violence ou la saleté. Autant de problèmes qui sont causés par les Marseillais, les citoyens. On entend souvent que Marseille serait ingouvernable avec ses grèves de dockers ou d’éboueurs à répétition, que les quartiers Nord seraient une zone de non droit où la loi de la force a pris le pas sur la force de la loi. En faisant ce constat, les observateurs omettent, volontairement ou non je ne le sais pas, de mentionner les problèmes liés à la politique urbaine complétement défaillante dans la ville.

La cité phocéenne souffre, en effet, d’une politique urbaine complètement à l’agonie et incohérente. Marseille Provence 2013 a d’ailleurs pleinement mis en exergue cette politique urbaine de qualité plus que médiocre. Deux chantiers sont, à mes yeux, prioritaires pour donner un nouveau souffle à la ville et enrayer le cercle de la pauvreté et de la violence dans la ville : désengorger le centre-ville et désenclaver les quartiers Nord. Lire la suite

Marseille, la grande dénigrée ?

Alors que le Premier ministre, Manuel Valls, a été sifflé ce matin à l’entrée du lycée Victor Hugo dans le 3ème arrondissement de Marseille. Se pose désormais la question du regard que la France porte sur Marseille. En effet de nombreux marseillais considèrent que leur ville est dénigrée à outrance dans les médias.

Faut-il, dès lors, y voir un excès de paranoïa de la part des habitants de la cité phocéenne ? Ou bien est-ce un signal plus alarmant qui cache une véritable impression d’être rejetés par le reste du pays ? La fusillade d’hier qui s’est produite dans le quartier de la Castellane constitue ainsi une clé d’interprétation de ce malaise marseillais. Lire la suite