Le politique se meurt, vive la politique !

Défiance, désintérêt, abstention, fracture, autant de mots qui reviennent quand on évoque le rapport qu’ont aujourd’hui les citoyens avec le politique. A chaque élection on ressort les sempiternelles mêmes grilles d’analyse : une abstention toujours plus forte, un désintérêt de plus en plus marqué pour les politiques, une défiance grandissante envers la totalité de la classe politique. Lorsqu’on s’avise d’aller interviewer des abstentionnistes, le fameux « premier parti de France » comme aiment les appeler les différents médias, c’est toujours les mêmes réponses : « on n’y croit plus » par-ci, « les politiques ne peuvent rien pour nous » par-là ou encore « tous pourris, tous des menteurs ».

Force est ainsi de constater que, si le politique n’est pas encore totalement mort, celui-ci se meurt. N’entend-on pas souvent les analystes nous dire que le politique a été mis au pas par l’économique ? Notre rapport au politique est en train de radicalement changer nous dit-on. Il se pourrait, en effet, que nous vivions une sorte de basculement dans la manière d’aborder l’action publique et que l’on arrive au crépuscule d’un certain modèle. Alors évidemment, le temps historique est long et quand je parle de crépuscule, cela ne veut pas dire que demain tout sera chamboulé mais d’ici une génération, il me semble que notre rapport au politique aura durablement changé. D’aucuns y voient une catastrophe, je suis bien plus enclin à y voir une opportunité magnifique de revenir aux racines de la politique.
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