L’école, l’uniforme et l’écran de fumée

Depuis quelques jours et des interventions médiatiques de Jean-Michel Blanquer, le débat sur l’uniforme à l’école semble être revenu sur le devant de la scène. Il faut dire qu’une consultation dans la ville de Provins est venue appuyer le propos du locataire de la rue de Grenelle puisque les parents de la commune – ou tout du moins ceux qui ont participé à la consultation – se sont prononcés majoritairement en faveur de la mise en place de l’uniforme dans les écoles de la ville. Invité sur le plateau de BFM TV dimanche dernier, le ministre de l’Education a adopté la position chère au macronisme, ce fameux en même temps.

Ne cessant pas de convoquer tous les fantasmes possibles et imaginables, la mise en place de l’uniforme serait selon certains de ces défenseurs un moyen de promouvoir plus d’égalité au sein des écoles afin de lutter contre les marques et les « phénomènes matérialistes un peu stupides » selon les termes de Monsieur Blanquer. Prenant bien soin de ne pas s’engager trop fortement, le successeur de Najat Vallaud-Belkacem a prestement expliqué qu’il ne faisait pas de cette question l’alpha et l’oméga de la politique éducative, que la question de l’uniforme s’insérait dans une logique bien plus large. Je suis pleinement en phase avec son propos et c’est précisément pour cela qu’il me semble urgent de déconstruire la mythologie qui se met en place autour dudit uniforme en même temps que d’essayer de montrer en quoi ce débat tout comme ceux sur la laïcité ou les téléphones portables que lancent le ministre sont constitutifs d’un écran de fumée pour mieux masquer les décisions qui sont prises. Lire la suite

Jean-Michel Blanquer ou le marchand de sable de la rue de Grenelle

Dimanche dernier, Jean-Michel Blanquer était l’invité du Grand Jury, cette émission organisée par RTL, LCI et Le Figaro. Ce genre d’émission s’est progressivement transformé en espèce de messe dominicale pour les responsables politiques qui viennent, au choix, y défendre leur action ou attaquer celle du gouvernement. Le ministre de l’Education nationale, au cours de son interview, aurait une nouvelle fois gaffé. Au fil de son passage il a effectivement, entre autres, tonné contre les téléphones portables et annoncé qu’à partir de la rentrée prochaine, ceux-ci seraient interdits dans les écoles et les collèges. Pourtant cette interdiction existe déjà et tout à la fois un article du code de l’éducation et les règlements intérieurs de bien des établissements le rappellent.

On pourrait voir dans cette prise de position une erreur voire un bégaiement de la part de Monsieur Blanquer. Je crois, au contraire, qu’il n’en est rien. Lorsque l’on sait à quel point la communication ministérielle est verrouillée depuis le plus haut sommet de l’Etat, la thèse de la malencontreuse bourde – faisant suite à bien d’autres nous y reviendrons – ne tient pas. Ladite supposée bourde s’inscrit en réalité pleinement dans un plan de communication bien huilé consistant à placer la focale sur quelques éléments finalement secondaires afin de flatter une partie de l’électorat et de satisfaire les parents dans un exercice de danse du ventre qui est tout sauf profitable aux élèves. Lire la suite