Education, le naufrage français

Cet article est quelque peu particulier pour moi puisque c’est le centième que je publie sur ce blog. Ç’aurait pu être l’occasion de faire une forme de bilan mais ça ne m’intéresse pas réellement. Au lieu de ça, je préfère évoquer un sujet central dans ma pensée et dans mon engagement : la question de l’éducation. Je me suis, en effet, rendu compte que si ce sujet était souvent évoqué en filigrane au fil de mes différents papiers, je n’avais jamais fait un article dévolu à ce thème. Cela tombe bien, nous avons récemment eu droit à un débat sur l’école dans tous les médias et sur les réseaux sociaux. Vous l’avez sans doute compris, je parle de la réforme de l’orthographe qui a agité la France en plein débat sur la déchéance de nationalité.

Faut-il supprimer ou pas l’accent circonflexe ? Faut-il un ou deux r à chariot ? Faut-il un trait d’union à porte-monnaie ? Autant de questions qui n’ont pas manqué de soulever des débats enflammés. Mesdames Carrère d’Encausse et Vallaud-Belkacem, respectivement secrétaire perpétuel de l’Académie française et Ministre de l’Education nationale, ont même polémiqué à ce sujet par médias interposés. Cette séquence surréaliste n’a fait que confirmer mon avis sur le naufrage français en matière d’éducation. Pendant que des élèves de primaire sont dans des écoles insalubres, nous débattons d’orthographe. Pour reprendre la brillante phrase d’Edgar Morin, « à force de sacrifier l’essentiel pour l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel ». Lire la suite

La discrimination positive, ce piège

A la suite des attentats qui ont touché la France les 7 et 9 janvier derniers, d’aucuns se sont alarmés sur la ghettoïsation vécue par certaines populations. Manuel Valls est même allé jusqu’à parler d’un « apartheid » social qui toucherait la France. Et pour cause, à diplôme égal, les descendants d’immigrés ont deux fois moins de chances de trouver un emploi que les autres. Pire encore, l’adresse serait un élément discriminant de telle sorte que les résidents des quartiers dits sensibles ont bien moins de chance de trouver un emploi que des personnes venant de quartiers plus huppés.

Finalement, la vie des populations de ces quartiers n’est pas si éloignée du tableau très sombre que décrivait Mathieu Kassovitz, il y a près de 20 ans, dans La Haine. Malgré toutes les promesses faites par l’Etat à la suite des émeutes de 2005, rien ou presque n’a changé et comme le rappait déjà Akhenaton dans Demain c’est loin en 1999 : « C’est toujours la même merde derrière la dernière couche de peinture ».

Pour répondre à cette situation, la solution la plus envisagée est celle de la discrimination positive. Ainsi, fraichement élu, François Hollande a mis en place une politique d’accès aux classes préparatoires : il s’agit de faire intégrer une classe préparatoire à au moins 5% d’élèves dans chaque lycée. Si cette mesure peut être vue comme un cadeau et une chance accordée aux lycéens issus d’établissements classés en ZEP, elle est en réalité un cadeau empoisonné et un piège pervers.  Lire la suite