Le mirage autrichien

Le couperet est donc passé tout près. Le coup de chaud qui s’est emparé de la majorité de l’Europe a duré jusqu’au milieu de l’après-midi de lundi. A en croire les médias et les dirigeants européens, nous avons évité le crash de justesse. Le candidat du FPÖ a en effet été battu par le candidat des Verts lors du deuxième tour d’un scrutin si serré qu’il a fallu attendre le dépouillement total des bulletins pour proclamer la victoire. Alexander Van der Bellen s’impose d’un peu plus de 30 000 voix face à Norbert Hofer et voilà l’Europe qui crie à la victoire symbolisée par le rejet de l’extrême-droite.

« Coup d’arrêt » pour le Front National selon Pascal Durand, « la preuve qu’une alternative est possible » pour certains dirigeants écologistes ou encore « un grand soulagement » pour Manuel Valls voilà comment a été accueillie la victoire du candidat des Verts en Autriche. Si l’on peut comprendre le soulagement – bien qu’il me semble cavalier de parler de grand soulagement – les différents messages de réjouissances ont de quoi interloquer. Alors que l’extrême-droite autrichienne vient de rassembler 49,7% des suffrages, nos anti-Cassandre nous disent que c’est une grande victoire pour les modérés et une franche défaite pour l’extrême-droite. Des Pangloss pullulent un peu partout depuis la proclamation des résultats, eux qui viennent nous expliquer que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. Lire la suite