De quoi la crainte des fausses nouvelles est-elle le symptôme ?

Depuis le surgissement du mouvement des Gilets Jaunes nous avons vu tout un discours se mettre en place à propos des fake news qu’il pouvait comporter et de leur dangerosité pour le débat public. Sa propagation sur les réseaux sociaux, Facebook en particulier, a effectivement pu engendrer la publication et le partage d’informations erronées comme, par exemple, à propos du pacte de Marrakech. Le terrible attentat de Strasbourg a d’une certaine manière été le climax de ces accusations de cheval de Troie des fausses nouvelles dans la mesure où certains des gilets jaunes les plus médiatiques ont fait résonner le refrain d’une attaque organisée par l’Etat pour mettre à mal le mouvement.

Que ce soit par le biais de théories désignées comme complotistes ou tout simplement par la propagation de mensonges éhontés, ces procédés ont prestement été utilisés pour décrédibiliser l’ensemble du mouvement des Gilets Jaunes – comme ce genre d’attaques à pu servir par le passé pour mettre à mal tout un mouvement de remise en cause de l’ordre établi. Plutôt qu’ergoter des heures durant sur le bien fondé ou l’absurdité de telles théories à la fois complotistes et porteuses de confusions, il me parait plus intéressant et pertinent de s’interroger sur ce qui peut générer ces fausses nouvelles et de quoi celles-ci sont révélatrices. Il me semble, en effet, que la caricature des forces de l’extérieure (russes pour ne pas les citer) agissant pour manipuler les masses est grotesque et que ces fausses nouvelles ainsi que leurs succès nous en disent très long sur les médias dits dominants et leur manière de procéder.

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