La revalorisation des forces de l’ordre ou le message envoyé

Alors que la France connaît un mouvement social – ou une insurrection selon certains observateurs – depuis plusieurs semaines, que les Gilets Jaunes se mobilisent chaque week-end depuis plus d’un mois et demi tout en étant présent sur les ronds-points quotidiennement sans pour autant rien obtenir de significatif, il aura fallu d’une seule petite journée de mobilisation de la part des forces de l’ordre pour obtenir des concessions autrement plus importantes que les quelques miettes jetées dédaigneusement à la figure des classes populaires par Emmanuel Macron lors de sa dernière allocution. Mercredi dernier, les forces de l’ordre ont en effet mené des actions devant les commissariats pendant que des négociations se tenaient au ministère de l’Intérieur.

A l’issue desdites négociations, les forces de l’ordre ont donc obtenu une revalorisation conséquente de leur rémunération. D’ici un an, ils verront effectivement leur salaire (et la précision est importante) augmenter de 120€ par mois tandis que la hausse pourrait atteindre 150€ pour les hauts gradés. Il ne s’agit évidemment pas de déplorer une hausse de salaire qui est loin d’être une aberration mais bien plus assurément de s’interroger sur le deux poids deux mesures pratiqué par le pouvoir en place, le gouvernement s’étant effectivement empressé d’affirmer qu’il n’y aurait pas de revalorisation du point d’indice pour les autres fonctionnaires. Au regard de ces annonces et de l’absence de réponse aux revendications sociales du mouvement des Gilets Jaunes, la décision de la caste au pouvoir apparait comme un cruel révélateur des priorités de ce gouvernement et de sa volonté forcenée de mettre au pas le mouvement social, plaçant Emmanuel Macron dans la longue lignée des dirigeants faisant le choix des forces de l’ordre contre l’immense majorité de sa population.

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La fonction publique face au cynisme de Monsieur Macron

Jeudi dernier, Edouard Philippe et Gérald Darmanin tenaient un discours sur l’action publique et la fonction publique. Dans le cadre de CAP 2022 – qui est le nom donné à la politique à l’égard de la fonction publique par le gouvernement – le premier ministre et son ministre de l’action et des comptes publics, ont évoqué la vision du gouvernement pour la fonction publique. Au fil de sa campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait affirmé vouloir diminuer de 120 000 le nombre de fonctionnaires dans notre pays et jeudi dernier, ses ministres se sont placés totalement dans les pas qui avaient été les siens lors de la campagne.

Dans une forme de théâtralisation devenue habituelle depuis l’arrivée du successeur de François Hollande à l’Elysée, les deux ministres ont en effet déroulé leur plan pour la fonction publique avec des annonces radicales, qui rompent avec la tradition. C’est bien simple, la volonté d’Emmanuel Macron et de son gouvernement n’est autre que de calquer les méthodes et les mots du privé. Il n’y a rien de bien étonnant à cela tant Emmanuel Macron comme l’ensemble des membres de son gouvernement et de sa majorité législative portent un profond mépris à l’égard des fonctionnaires et du travail qui est le leur. Tout est fait pour les rabaisser et les humilier depuis l’arrivée du nouveau locataire de l’Elysée. Loin de n’être que les pots cassés de sa politique, cette attitude à l’égard des fonctionnaires est au cœur de l’idéologie et de la stratégie détestable d’Emmanuel Macron. Lire la suite