Données personnelles, passer de la menace à l’opportunité

Il arrive parfois que la réalité rattrape la fiction. Dans la saison 4 de House of Cards, William Conway, le candidat républicain opposé à Frank Underwood, utilise par le biais de soutiens de sa campagne un moteur de recherche dénommé Pollyhop pour espionner les Etatsuniens et ainsi avoir un coup d’avance sur son adversaire. Découvrant cet outil aux mains de son concurrent – et étant très mal en point dans les sondages – Underwood décide alors d’utiliser les ressources de la NSA pour espionner lui aussi ses concitoyens. Si les révélations d’Edward Snowden avaient déjà montré que l’espionnage via la NSA n’était pas que de la fiction, le scandale qui frappe aujourd’hui Facebook et Cambridge Analytica ressemble furieusement au Pollyhop de Conway.

Il est en effet reproché au géant des réseaux sociaux d’avoir fourni les données personnelles de plusieurs dizaines de millions d’utilisateurs étatsuniens pour œuvrer au profit du parti républicain lors des dernières élections. Ce dernier scandale a suscité des réactions du monde politicien mais il y a fort à parier que celui-ci ne réagit que parce qu’il est directement concerné. Le détournement de données personnelles ne date en effet pas d’hier. Un journaliste de FranceInfo s’est d’ailleurs aventuré à demander les données personnelles que Facebook détenait sur lui et, dans une surprise à moitié feinte, celui-ci s’est rendu compte que le réseau social conserver toutes les données qu’on lui laisse. Cet enchainement d’évènements liés à la gestion de nos données personnelles sur internet, s’il est effrayant, doit selon moi nous pousser à engager une réflexion globale sur lesdites données personnelles, données qui sont aujourd’hui situées dans une dangereuse zone grise.

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Google ou le symbole de la servitude volontaire

Personne, sur la toile et au-delà, n’ignore l’existence de Google. Tout le monde le connaît, ce géant d’Internet qui véhicule une image cool quoique controversée. Au moment du scandale d’espionnage domestique par la NSA, Google s’est, en effet, retrouvé en première ligne en étant accusé de fournir toutes les infos à l’agence américaine. Pour autant, la popularité et la prééminence du moteur de recherche n’ont jamais été remises en cause par cette affaire. Il demeure ce mastodonte qui écrase tous ses concurrents si bien qu’ils finissent forcément par dépérir (Yahoo, Bing et bien d’autres). Cette position de domination confère à la firme californienne un prestige et une aura rarement remis en cause si bien que, pour beaucoup, le rêve consiste à être embauché par l’entreprise.

« Nous recrutons environ 2000 personnes par an et nous recevons plusieurs milliers de candidatures pour ces postes ». Ces mots sont ceux d’un salarié de Google. Pour une part non négligeable des diplômés de Grandes Ecoles, intégrer le « Googleplex » – le siège social de la firme – constitue le climax d’une carrière. Réputée pour son ambiance cool et sa forte propension à laisser ses salariés travailler en autonomie sur des projets qui leur tiennent à cœur, l’entreprise californienne n’a nullement besoin de campagne de communication pour enjoindre les personnes à postuler. Pourtant, derrière cette vision idyllique se cache, souvent, une réalité bien moins joyeuse. Il se pourrait bien que le célèbre discours d’Etienne de la Boétie s’applique pleinement à Google et à ses salariés. Lire la suite