Le grand débat national ou la campagne qui ne dit pas son nom

Voilà quelques jours que le grand débat national a été lancé. Présenté par Emmanuel Macron comme un moyen de consulter les Français après l’émergence du mouvement des Gilets jaunes et assurément pensé pour être un moyen de mettre un terme à ce mouvement insurrectionnel qui touche le pays depuis plus de deux mois, ledit grand débat a été inauguré en grandes pompes par le locataire de l’Elysée qui s’est rendu à plusieurs rencontres avec des maires et continuera de faire cela pendant les semaines à venir. Beaucoup de choses ont été dites sur la manière qu’il a eue de s’adresser aux maires, sur le mépris affiché par lui lorsqu’un maire racontait les conditions de vie difficiles des plus dominés de la société mais il me semble qu’il faut aller plus loin que ces critiques superficielles.

Il me parait en effet évident que le grand débat auquel nous assistons n’a de débat que le nom. Il s’agit bien plus d’une campagne en vue des élections européennes à venir tant celui-ci ne répond à aucune des aspirations émanant des Gilets jaunes et va, au contraire, dans le sens voulu par le gouvernement. Cette farce à laquelle nous sommes témoins pourraient être drôle si la situation n’était pas si dramatique et grave – dramatique parce que la situation de millions de Français est très compliquée, grave parce qu’un président en exercice est en train de se servir de l’argent public pour faire campagne pour son parti. Aussi est-il urgent de déconstruire le mythe du grand débat présent pour recueillir les attentes des Français.

Lire la suite

Indépendances des autorités et hautes rémunérations, le symbole Jouanno

Il y a quelques jours, Emmanuel Macron a lancé le fameux grand débat imaginé comme une réponse à la crise que traverse le pays avec le mouvement des Gilets jaunes. S’il ne s’agit pas ici de revenir sur la mascarade que représente ledit débat – il n’y a qu’à voir à quel point les questions sont biaisées et la marge de manœuvre très étroite pour quiconque souhaiterait remettre en cause la politique menée – il me parait important de revenir sur le renoncement de Chantal Jouanno à diriger le débat. Présidente de la Commission nationale du débat public (CNDP), l’ancienne ministre était effectivement toute désignée pour présider cette consultation.

Celle-ci a toutefois renoncé à le faire en annonçant, de manière quelque peu bizarre, sur le 20h de France 2 son retrait en raison de la polémique liée à son salaire. Emargeant à 14 666€ bruts par mois alors que l’un des principaux fondements de la colère des Gilets jaunes est la question du pouvoir d’achat et de la difficulté qu’ont de nombreux Français à terminer le mois, il était clair que Chantal Jouanno ne pouvait apparaitre qu’en décalage total et massif, un peu comme si l’on demandait à Total de présider une COP. Ce retrait de Chantal Jouanno est à mes yeux révélateur d’un double écueil dans lequel se trouve les autorités administratives dites indépendantes : le salaire démesuré de leurs dirigeants et la mise à mal de leur indépendance.

Lire la suite