Les conquis sociaux en quelques lignes

La Mémoire De Boris Mikhaïlovitch Koustodiev – Boris Kustodiev

Stoppée nette par la pandémie du Covid-19, la réforme des retraites, défendue par le pouvoir en place et tout ce que ce pays compte de néolibéraux, pourrait bien revenir par la fenêtre avec la fin de la crise sanitaire. À en croire certains médias et à entendre les interventions des députés LREM qui écument les plateaux télé, l’objectif d’Emmanuel Macron et de sa majorité parlementaire fantoche est bien celui de tout de même mettre en place une réforme vertement critiquée et ayant largement mobilisé contre elle. Nous sommes bien loin d’un quelconque virage social que d’aucuns tentent de nous vendre ou même de la moindre inflexion d’un pouvoir qui ne mène rien d’autre qu’une politique de classe.

Face à cette offensive globale qui a toutes les chances de se remettre à fonctionner à plein régime aussitôt que la crise sanitaire sera dépassée, la lutte est bien évidemment la seule option si l’on souhaite conserver ce conquis social que sont les retraites par répartition. Trop souvent, les médias dits dominants et même les sphères de la gauche ont tendance à appeler « acquis sociaux » les éléments qui constituent le modèle social français. Il me semble qu’il est plus que temps de récuser cette appellation qui incite, je crois, à s’endormir sur nos lauriers et nie totalement le caractère éminemment conflictuel des périodes où ces conquis ont été arrachés au patronat.

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Manuel Valls, pompier pyromane

Si l’on s’en tient aux propos des éditorialistes ou des membres du gouvernement, les Français sont pris otages par de dangereux bolchéviques, cette CGT qui est en voie de « radicalisation » selon les propos de Manuel Valls. Certains, Jean-Michel Apathie en tête, vont même plus loin et se complaisent à jouer les Cassandre en annonçant une future guerre civile. Voilà donc Manuel Valls qui s’excite encore plus que d’habitude, qui gesticule et qui vocifère pour expliquer qu’il ne reculera devant aucune intimidation, s’empressant de condamner la supposée violence qui aurait lieu dans les raffineries. Aujourd’hui est un jour de mobilisation nationale et notre Premier ministre a déjà dit que cela ne changerait rien et qu’il demeurerait inflexible.

Ainsi, Manuel Valls importe sa position belliqueuse et son discours guerrier à la confrontation sociale. Lui qui disait faire la guerre à Daech est en train de jouer une mélodie rance au sein même de notre pays en cherchant par tous les moyens à trouver des ennemis de l’intérieur : après les casseurs voici venu le temps des bloqueurs. Lui qui admire Georges Clémenceau a, semble-t-il, fait sienne la devise du Tigre au moment de la guerre : « Politique extérieure je fais la guerre ! Politique intérieure je fais la guerre ! Partout je fais la guerre ! ». Ne reculant devant aucune vilénie, le Premier ministre affirme pourtant qu’il veut apaiser et réconcilier le pays avec lui-même. Pourtant, depuis 2012, à Beauvau comme à Matignon, il n’a eu de cesse de jeter de l’huile sur des feux incandescents. Drôle de conception de l’apaisement que celui que défend violemment Manuel Valls.
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