Comme un malaise face aux commémorations d’Hiroshima…

Hier marquait donc les 70 ans du bombardement d’Hiroshima par les américains. Des commémorations ont eu lieu un peu partout dans le monde. En voyant ça, ainsi que le hashtag Hiroshima en top trend mondiale sur Twitter, je n’ai pas pu m’empêcher de ressentir un certain malaise. Alors évidemment que l’Histoire est importante et qu’Hiroshima marque en quelque sorte la victoire finale des Alliés sur l’axe du mal mais tout de même, le bombardement d’Hiroshima a coûté la vie à près de 80 000 japonais.

Beaucoup se sont exaltés au moment de ce bombardement. A l’époque, déjà, des voix s’étaient élevées contre cette exaltation. Camus, dans Combat, écrivait le 8 août 1945 : «la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie» et ajoute plus loin  «en attendant, il est permis de penser qu’il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte, qui se met d’abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l’homme ait fait preuve depuis des siècles». Je le rejoins sur ce point. Je trouve indécent de célébrer une découverte qui sert avant tout la destruction. Pour aller plus loin, et adapter cette indignation au temps présent, je trouve indécent de célébrer une mort et abject de chercher à justifier l’assassinat ou le meurtre. Lire la suite