Les Implant Files et l’esprit du capitalisme néolibéral

Depuis dimanche et la révélation du scandale par Le Monde, nous assistons à un déversement presque continu d’informations toutes plus scandaleuses les unes que les autres. Le travail du consortium des journalistes d’investigation mené pendant plusieurs mois a effectivement permis de démontrer à quel point la législation à l’égard des dispositifs médicaux – principalement les prothèses de tous types – était extrêmement permissive et ne s’intéressait finalement que très peu aux lourds questionnements de santé publique que posent ces dispositifs médicaux. Mardi, l’émission Cash investigation était consacrée à ce sujet en centrant son étude sur le cas français et les révélations effectuées dans le cadre du sujet sont proprement édifiantes. Il serait présomptueux de prétendre en faire la liste dans ce papier, mais l’émission est disponible ici sur YouTube.

Pour résumer grossièrement ce que celle-ci nous apprend, l’on pourrait dire que tous ces implants ne sont pas réellement contrôlés. N’étant pas considérés comme des médicaments, ils n’ont en effet pas besoin d’autorisation préalable de mise sur le marché si bien que l’Agence Nationale de sécurité des médicaments (ASNM) est bien dépourvue pour agir. Si on peut effectivement lui reprocher de ne pas avoir sonné l’alarme plus tôt, la législation l’empêche en réalité d’agir frontalement contre les multiples problèmes d’implants (des prothèses mammaires aux prothèses vaginales en passant par certaines valves cardiaques) qui sont répertoriées. Pendant ce temps, un nombre important de personnes (principalement des femmes) souffrent en raison de ce laxisme qui, selon moi, est totalement dû à l’esprit du capitalisme néolibéral. Lire la suite