La guerre des âges n’aura pas lieu

Il y a deux semaines, le magazine économique de la rédaction de France 2 présenté par François Lenglet – L’angle éco – traitait d’un sujet à la fois important et épineux à savoir les inégalités entre les jeunes et les seniors. Si un tel sujet est important, la manière de le traiter l’est d’autant plus. En choisissant de l’intituler « la guerre des âges » et en axant tout son magazine sur l’opposition voire la confrontation entre ces deux catégories de la population, France 2 a cédé au simplisme et au manichéisme un peu comme si les situations de ces deux catégories d’âge étaient parfaitement homogènes.

Cédant au sensationnalisme et à la logique d’affrontement qu’imposent au quotidien médias et politiques, le magazine présenté par François Lenglet, loin de chercher des solutions à un problème qui existe, certes, mais pas dans les proportions décrites lors de l’émission, s’est méthodiquement appliqué à monter les jeunes contre les seniors en leur expliquant que s’ils allaient aussi mal, c’était à cause des seniors qui se sont gavés durant les 30 Glorieuses et qui profitent encore aujourd’hui de leur situation pour influer sur les choix politiques ou se faire énormément d’argent sur le dos des jeunes grâce à l’immobilier. Plutôt que de construire des ponts, l’émission a érigé de nouveaux murs sans même se préoccuper de la complexité des situations que l’on pouvait rencontrer au sein de ces deux catégories d’âge. Lire la suite

Non Monsieur Boutih, ma génération n’est pas « radicale »

Paru en plein milieu de la crise grecque, le rapport de Malek Boutih sur les phénomènes de radicalisation et notamment du jihadisme est passé relativement inaperçu. Et pourtant, quelle charge contre la jeunesse ! Son rapport intitulé sobrement « Génération Radicale » nous donne une image caricaturale de la jeunesse. Les jeunes seraient en soif de reconnaissance, radicalisés et banaliseraient la violence à en croire les conclusions dudit rapport. En outre, toujours selon ce rapport la jeunesse serait «frustrée» et «prête à basculer» dans le radicalisme religieux.

Cette violente charge contre la jeunesse va même plus loin puisque le rapport oppose aux jeunes « qui rêvent de réussite rapide et clinquante» les adultes dont « la bien-pensance  enjoint les jeunes à l’abnégation et à la modération ». Après la lutte des classes, voici venu le temps de la lutte des générations si l’on lit entre les lignes de ce rapport. Néanmoins, ce rapport est truffé de caricatures sur la jeunesse. S’il aborde un problème important, il ne propose ni le bon constat ni les bonnes causes et encore moins les bonnes réponses pour endiguer le mal-être d’une certaine partie de la jeunesse. Lire la suite