Le procès Merah et le risque de l’hystérie collective

Jeudi, Abdelkader Merah a été condamné à 20 ans de prison. Ou peut-être mercredi, je ne sais pas. J’ai reçu une notification sur mon téléphone : « Merah condamné. Complicité non retenue. Appel possible ». Cela ne veut rien dire. C’était peut-être mercredi. Vous l’aurez, sans doute, reconnu c’est en pastichant l’incipit de L’Etranger d’Albert Camus que j’ai décidé d’introduire ce billet. Loin de la simple figure rhétorique, je crois en effet qu’il y avait quelque chose de profondément camusien dans ce procès et dans tout ce qui l’entourait. De la même manière que Meursault a marché vers la mort en souhaitant les huées et les crachats dans le roman de l’écrivain franco-algérien, une forme d’hystérie presque collective s’est mise en place autour du procès d’Abdelkader Merah.

Ce procès du frère de Mohamed Merah – qui avait tué de manière odieuse sept personnes dont des enfants d’une école juive en mars 2012 – était effectivement très attendu. Il y avait d’ailleurs, sans doute, quelque chose de malsain dans cette attente presque semblable à de la délectation. Mohamed Merah n’étant plus de ce monde, il fallait, selon beaucoup, que quelqu’un paye pour lui. Si ce n’est toi c’est donc ton frère dit le loup dans la fable de La Fontaine et il semblerait qu’un nombre conséquent de personnes avaient fait le choix d’adopter la même posture, de juger que cet homme (Abdelkader Merah) devait être condamné de la manière la plus implacable qui soit et même sans procès si cela avait été possible. Cette position était malheureusement aussi celle de certains observateurs politiques ou journalistes. Il y a, il me semble, de quoi s’inquiéter devant de tels positionnements. Lire la suite