Les barrières douanières en quelques lignes

Depuis le surgissement de la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus, d’aucuns expliquent sans barguigner qu’à la sortie de la crise, le monde tel que nous l’avons connu n’existera plus. Dès le début de ladite crise et la fermeture en Chine de l’ensemble ou presque des chaînes de production, nombreux ont effectivement été les analystes – souvent les mêmes qui affirmaient quelques temps plus tôt que la mondialisation était merveilleuse – à expliquer qu’il fallait relocaliser certaines activités pour ne plus être dépendant de la seule Chine, la question de la pénurie des masques montre d’ailleurs avec acuité le problème que pose le dépouillement volontaire de nos activités industrielles.

L’on nous explique donc que le « monde d’après » sera radicalement différent et si ce sujet n’est pas l’objet de ce billet (un long papier lui sera consacré dans les semaines à venir), il me semble que cette volonté de relocaliser si elle se matérialise réellement ne pourra pas faire l’économie de politiques protectionnistes tant le retard pris en matière industrielle par les pays dits développés sera impossible à combler dans une économie libre-échangiste comme celle dans laquelle nous vivons actuellement. Dès lors, il me parait intéressant de faire un bref rappel des différents outils à disposition des Etats pour mener une telle politique avant de s’intéresser à ce qui est, pour moi, la question centrale à savoir sur quelle catégorie d’acteurs repose l’effort protectionniste.

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Le protectionnisme en quelques lignes

S’il y a bien un sujet qui agite les rubriques politico-économiques depuis quelques temps, il s’agit bien les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Présentées comme le prélude à un affrontement généralisé – commercial voire militaire – sur toute la planète, ces tensions semblent être devenues le sujet de préoccupation majeures tant Xi Jinping et Donald Jr. Trump paraissent prêt à tout ou presque pour s’imposer dans cette confrontation. Parallèlement à ces tensions entre les deux premières puissances économiques mondiales, l’air du temps semble être à l’approfondissement rapide des accords de libres échanges (CETA, accord EU-Mercosur, etc.) un peu comme si les tenants du libre échange avaient peur d’un retournement global.

Pour justifier les accords toujours plus nombreux, les laudateurs du libre échange ne cessent effectivement de nous expliquer que celui-ci est le meilleur moyen d’éviter les conflits armés et que l’interdépendance des économies (en réalité la dépendance organisée des économies du Sud pour permettre le maintien de la domination d’une petite partie de la planète) est le garant de la paix. Aussi est-il désormais de bon ton dans la doxa économique dominante de fustiger tous les partisans d’un quelconque protectionnisme en amalgamant toutes les logiques protectionnistes qui sont pourtant souvent contradictoires les unes avec les autres.

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