La Sécurité sociale en quelques lignes

Le serment des Horaces – Jacques Louis David

Dans l’immense crise sanitaire qui a frappé la planète, certains pays s’en sont mieux sortis que d’autres. L’on pense spontanément à certains pays asiatiques comme la Corée du Sud ou Taïwan qui, sans avoir à pratiquer un confinement strict, ont réussi à limiter le nombre de victimes. Au sein du Vieux-Continent, le pays qui a reçu le plus de lauriers est assurément l’Allemagne qui, même si la stratégie a pu être contestée par ses habitants, a réussi à relativement bien juguler l’épidémie sans appliquer un confinement aussi strict qu’en France, en Espagne ou en Italie. À l’autre extrême, les Etats-Unis ou le Royaume-Uni font figure de mauvais élèves.

Si la gestion de la crise fut loin d’être optimale en France – multiples cafouillages, notamment sur la question des masques, injonctions contradictoires, etc. – le bilan n’a pas été encore plus dramatique que ce qu’il a été et nous le devons certainement au dévouement des personnels soignants et à la Sécurité sociale qui, dans notre pays, permet à chacun de se faire soigner sans qu’on lui demande sa carte bleue avant de rentrer à l’hôpital. Derrière les discours creux (et hypocrites) d’Emmanuel Macron sur les secteurs qui doivent être situés hors du marché, il faut je crois creuser la portée révolutionnaire et socialiste de la Sécurité sociale à la lumière du drame sanitaire que nous avons vécu dernièrement.

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La planification en quelques lignes

Depuis hier, la France est entrée dans la phase du déconfinement après presque deux mois de confinement. Si cela ne signifie bien entendu pas que l’épidémie est terminée et derrière nous, cette nouvelle phase pose avec une acuité plus grande encore la question du modèle économique et de société que nous souhaitons mettre en œuvre, le fameux « monde d’après ». Par-delà les tribunes et les professions de foi creuses qui se multiplient, il s’agit d’être conséquent et d’essayer d’esquisser ce que pourrait être un infléchissement ou un changement de modèle. Dans cette optique, la question de la planification pourrait s’avérer centrale, notamment dans ce qu’elle nous révèle de l’hypocrisie de la classe dirigeante.

Très rapidement en effet, dès lors que surgit la question de la planification (économique, écologique, sociale, etc.) dans le débat public, les classes dirigeantes et possédantes s’empressent de pousser des cris d’orfraie absolument horrifiés et de convoquer le-communisme-et-ses-centaines-de-millions-de-morts, l’équivalent du point Godwin pour eux. Il me semble pourtant que la critique de la planification qui est faite par ces personnes ne concernent pas la question de la planification en elle-même mais bien plus des acteurs qui doivent la mettre en place. En d’autres termes, il s’agit bien moins d’un débat sur la planification que sur le pouvoir.

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La Sécurité sociale ou la digue à protéger

En cette rentrée politique 2018, il est euphémique de dire qu’Emmanuel Macron traverse une forte zone de turbulences. Avant les vacances, l’affaire Benalla avait empêché la majorité de mener au pas de charge la réforme constitutionnelle voulue par le monarque présidentiel mais tout le monde ou presque au sein de la majorité pensait sans doute que les difficultés ne seraient que passagères et que le bulldozer pourrait reprendre sa marche en avant une fois les cigales devenues silencieuses. Las, voilà le locataire de l’Elysée sommé de faire face tout à la fois à la démission de Nicolas Hulot – qui dévoile de manière crue la réalité de la présidence Macron, j’y reviendrai prochainement – et aux résultats économiques en berne.

Il serait toutefois bien présomptueux de penser, à gauche, que l’arrogant successeur de François Hollande va se laisser abattre et reculer. Le couac sans doute à venir sur le prélèvement à la source ne nous autorise effectivement pas à dire que le pouvoir macroniste bat en retraite, tout au plus voyons nous se profiler une décision purement politicienne motivée par la peur de connaitre une déroute lors des élections européennes à venir l’année prochaine. Telle une bête blessée, il se pourrait bien que le locataire de l’Elysée décide d’accélérer le train de ses réformes pour noyer l’opposition à la politique qu’il mène. Dans cette optique, la Sécurité sociale pourrait bien faire figure de totem à faire tomber pour la caste au pouvoir et ce, pour au moins deux raisons principales. Lire la suite