La ZAD en quelques lignes

Il y a quelques jours, alors que la crise du coronavirus débutait, le gouvernement a annoncé qu’il reportait à une date ultérieure la privatisation d’Aéroports de Paris. Expliquant que les marchés financiers étaient au plus bas et que ce n’était donc pas le bon moment pour vendre – ce qui est d’une logique implacable – la caste au pouvoir s’est bien gardée de parler du nombre de signatures soutenant le référendum d’initiative populaire. Si celles-ci n’ont pas atteint les 10% du corps électoral nécessaire, plus d’un million de signatures ont été enregistrées sur la plateforme (et ce, en dépit de tous les freins mis en place par le pouvoir), ce qui est la barre dont Emmanuel Macron avait parlée durant le grand débat.

Nous verrons donc si la privatisation a bien lieu plus tard mais il y a fort à parier qu’il s’agirait là d’une grosse épine dans le pied du pouvoir. Finalement, les questions aéroportuaires pourraient bien être celles où le monarque présidentiel et sa cour auront le plus reculé à la fin du quinquennat. Il est effectivement important de se rappeler que les zadistes de Notre-Dame-des-Landes ont obtenu une victoire relative en forçant la suppression du projet d’aéroport (relative parce que la ZAD a ensuite été expulsée avec force et fracas). Il s’agit toutefois d’un phénomène qui est très intéressant, de voir comment une mobilisation citoyenne et locale a permis le retrait d’un grand projet d’infrastructures. Si la ZAD en question est la plus connue de France, elle est loin d’être la seule et c’est bien la logique même de ZAD qui me parait intéressante à étudier tant dans ce qu’elle dit de la lutte que pour les horizons qu’elle semble ouvrir.

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Communautarisme, retourner le glaive

Il y a quelques semaines – avant que la crise sanitaire liée au Covid-19 surgisse et bouleverse l’agenda politique – Emmanuel Macron était à Mulhouse pour y faire un discours centré sur la question du « séparatisme islamique », en d’autres termes le communautarisme. Alors que le locataire de l’Elysée a récemment annoncé que la deuxième phase du quinquennat, celle de la redistribution, était censée débuter, l’on constate qu’il ne fait là rien d’autre que de commencer à préparer très en avance l’échéance de 2022. Persuadé, en effet, que sa principale adversaire sera une nouvelle fois Marine Le Pen et que l’élection se jouera sur les thèmes identitaires, le monarque présidentiel se place finalement dans les pas de ces deux prédécesseurs en agissant de la sorte.

Nicolas Sarkozy, d’après les conseils de Patrick Buisson, avait axé toute sa campagne sur ces thématiques en 2012 (après leur avoir fait la part belle durant tout son quinquennat, le ministre de l’identité nationale étant là pour en témoigner) pour finir par échouer. François Hollande quant à lui avait opté pour une politique de cette sorte sur la fin du quinquennat avec la présence du matamore Manuel Valls à Matignon et la volonté de faire voter la déchéance de nationalité pour les terroristes qui avait provoqué l’émoi d’une bonne partie du pays. On le voit aisément, la carte du communautarisme est prestement brandie par les pouvoirs en place dès lors qu’ils sont en difficulté sur les plans économiques et sociaux, ce qui rend la déconstruction de cette logique d’autant plus urgente.

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La légalisation du cannabis en quelques lignes

Il est des sujets qui ont le don de générer des débats radicaux où les arguments ressemblent bien souvent à des anathèmes. Parmi ceux-là, celui sur la légalisation du cannabis figure en bonne place tant il possède la propension de déchainer les passions dès lors que la question est posée. Cédant très facilement à la caricature, nombreux sont ceux à perdre toute espèce de raison aussitôt qu’ils entrent dans ce débat. Celui-ci est pourtant, me semble-t-il, primordial pour bien des raisons. Il l’est avant tout pour des raisons de santé publique mais plus largement encore pour des raisons économiques et sociales, l’un des angles morts souvent ignoré par ceux qui s’emparent du sujet de façon hâtive.

Trop souvent, en effet, le débat tend rapidement à se résumer à la caricature prétendus progressistes versus affreux réactionnaires. D’aucuns n’ont pas de mal à expliquer que toute personne opposée à la légalisation du cannabis ne vivrait pas avec son temps quand dans le même temps les défenseurs de la pénalisation du cannabis pérorent sur le laxisme des défenseurs de la légalisation. Je crois que ce débat mérite mieux que ces positions caricaturales et, osons le mot, absurdes. Derrière la question de la légalisation se niche effectivement un entrelacs de conséquences à la fois concrètes et très complexes qu’il s’agit de ne surtout pas ignorer, sous peine de passer à côté du cœur du sujet.

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Le mécénat culturel en quelques lignes

De la Fondation Louis Vuitton à la Collection Pinault en passant par l’Institut de France et bien d’autres acteurs, nombreuses sont les grandes fortunes à œuvrer dans le mécénat culturel. Plus largement, bien que pouvant apparaitre comme plus discret, le concours de grandes entreprises ou de fortunes pour la mise en place des expositions dans tous les musées ou presque est une condition quasi sine qua none – jetez un œil au bas des affiches desdites expositions ou contemplez la liste des « généreux mécènes » souvent mis en avant à la fin du parcours dans les musées. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si tous les musées et institutions culturelles disposent d’un service mécénat, parfois très bien pourvu, tant cette fonction est désormais au cœur de leur modèle économique.

S’il y a sans doute un attrait pour la culture (ou, nous y reviendrons, une certaine forme de culture) de la part de ces mécènes, il y a également des stratégies qui dépassent le simple intérêt pour ce domaine. Bien évidemment, il est difficile de ne pas évoquer la volonté d’acquérir de l’influence en finançant ces musées et expositions mais il y a également une logique d’optimisation fiscale dans cette dynamique dans la mesure où ces dons ou engagements financiers donnent le droit à une réduction d’impôts de l’ordre de 60%. Pouvant, de prime abord, apparaitre comme une bénédiction, cet engagement financier a tous les contours d’un effet extrêmement pervers tant pour la diffusion des cultures que pour l’égalité devant l’impôt.

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Société consumériste, par-delà la superficialité

Il y a quelques jours s’est achevée la période des soldes d’hiver et avec elle l’un des marronniers les plus appréciés par les médias dits dominants souvent en mal de sujets à traiter à cette période de l’année. Cette année encore, l’un des principaux angles utilisés pour parler des soldes qui viennent de se terminer a été celui consistant à dire que les résultats n’étaient pas ceux escomptés. L’on pourrait voir dans ce constat, devenu récurrent depuis quelques années, l’effet d’une politique grevant le pouvoir d’achat d’une bonne partie des Français ou, mieux encore, le début d’une prise de conscience collective des affres du consumérisme. Il n’en est malheureusement rien et les raisons de ces résultats en berne sont bien plus à chercher du côté de la multiplication des périodes de réduction dans les commerces. Black Friday, liquidation et autres ventes privées ont effectivement remplacé les soldes si bien qu’il n’est désormais plus réellement nécessaire d’attendre cette période pour obtenir des promotions.

Derrière cette question et la multiplication des occasions de consommer à prix réduit se niche en réalité toute l’architecture de cette société consumériste qui, en France plus qu’ailleurs au vu de la structure de la croissance économique française depuis des décennies, est l’un des piliers centraux du capitalisme. S’il est indéniable que la financiarisation mise en œuvre depuis les années 1970 a fait muter ledit capitalisme, il demeure toujours juste que la question de la consommation des biens produits est l’une des problématiques centrales de ce modèle économique avec toutes les conséquences écologiques et sociales que cela suppose. Il est plus que temps d’aller au-delà des analyses superficielles sur le sujet, puisque la question des modes de consommation – à mettre en parallèle avec celle des modes de production – sera assurément l’un des grands enjeux des décennies à venir.

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La décentralisation en quelques lignes

Dans quelques semaines se tiendront les élections municipales dans notre pays. S’il est évident qu’avec l’actualité nationale de ces derniers temps – des gilets jaunes aux long mouvement social contre la réforme des retraites – ces élections semblent quelque peu reléguées d’un point de vue de l’intérêt des citoyens (les médias, à n’en pas douter et on le voit déjà, vont se régaler avec le traitement des municipales), elles demeurent toutefois les élections locales qui intéressent le plus les Français. Nous sommes évidemment bien loin de la caricature voulant que 90% de la population connaissent son maire mais bien plus que les départementales ou les régionales, les élections municipales restent un moment de relative forte participation.

Il est toutefois indéniable que l’intérêt est décroissant dans l’esprit des Français à l’égard de ces élections. S’il y a bien évidemment une multitude d’explications à cette tendance (un rejet plus global du système représentatif, l’impression d’une indifférenciation des projets politiques municipaux, etc.), celle postulant un pouvoir assez limité dévolu aux maires me parait être importante. Trop souvent présentées comme des élections nationales visant à sanctionner ou (très rarement) conforter le pouvoir en place, les municipales ne sont pas traitées comme ce qu’elles sont, c’est-à-dire une élection locale qui a des conséquences sur le quotidien des administrés. Derrière ce grand flou se cache indéniablement la question de la décentralisation et de ses dévoiements.

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Les stock-options en quelques lignes

Il y a un peu plus d’un an, alors en plein crise des Gilets jaunes, Emmanuel Macron enjoignait les entreprises à attribuer une prime de 1000€ à leurs salariés. Si cette demande avait été en partie écoutée l’année dernière, ce fut bien moins le cas cette année. En regard de cette mesquinerie à l’égard des travailleurs, il peut être ironique de mettre en avant la volonté de Carlos Ghosn de récupérer sa retraite chapeau après avoir s’être soustrait à la justice japonaise – une action aux prud’hommes est envisagée. Tout ceci met bien en évidence le degré de déconnexion des élites tant économiques que politiques par rapport au quotidien des Français.

Il serait toutefois inexact de se cantonner à la seule élite économique (à savoir ces grands PDG gavés de stock-options et autres parachutes dorés) tant la dynamique s’est accentuée ces dernières décennies. Alors qu’il n’y a pas si longtemps les managers et autres encadrants étaient principalement récompensés par des primes pour leurs bons résultats, bon nombre d’entre eux parmi les entreprises cotées en bourse le sont désormais avec ces fameux stock-options qui, pour résumer très grossièrement, offrent la possibilité à ces managers – le désormais célèbre top management – d’acquérir des actions de leur entreprise à un prix défini à l’avance, de sorte que si le cours de l’action monte les plus-values sont à la fois immédiates et conséquentes.

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