Education, le naufrage français

Cet article est quelque peu particulier pour moi puisque c’est le centième que je publie sur ce blog. Ç’aurait pu être l’occasion de faire une forme de bilan mais ça ne m’intéresse pas réellement. Au lieu de ça, je préfère évoquer un sujet central dans ma pensée et dans mon engagement : la question de l’éducation. Je me suis, en effet, rendu compte que si ce sujet était souvent évoqué en filigrane au fil de mes différents papiers, je n’avais jamais fait un article dévolu à ce thème. Cela tombe bien, nous avons récemment eu droit à un débat sur l’école dans tous les médias et sur les réseaux sociaux. Vous l’avez sans doute compris, je parle de la réforme de l’orthographe qui a agité la France en plein débat sur la déchéance de nationalité.

Faut-il supprimer ou pas l’accent circonflexe ? Faut-il un ou deux r à chariot ? Faut-il un trait d’union à porte-monnaie ? Autant de questions qui n’ont pas manqué de soulever des débats enflammés. Mesdames Carrère d’Encausse et Vallaud-Belkacem, respectivement secrétaire perpétuel de l’Académie française et Ministre de l’Education nationale, ont même polémiqué à ce sujet par médias interposés. Cette séquence surréaliste n’a fait que confirmer mon avis sur le naufrage français en matière d’éducation. Pendant que des élèves de primaire sont dans des écoles insalubres, nous débattons d’orthographe. Pour reprendre la brillante phrase d’Edgar Morin, « à force de sacrifier l’essentiel pour l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel ». Lire la suite

L’Ecole de Commerce ou la fabrique d’immobilisme

Dans Les Héritiers puis La Reproduction, Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron tentent de démontrer que le système scolaire aboutit à légitimer le fait que la position sociale est un héritage légué par les parents.

En ce sens, l’Ecole de Commerce est souvent vu comme l’exemple idoine de ce processus dans la mesure où la grande majorité des étudiants d’Ecole de Commerce ont des parents cadres : les enfants de cadres, en intégrant les Ecoles de Commerce, reçoivent alors pleinement cette position sociale en héritage puisqu’ils deviendront eux aussi cadres, « futures élites de la nation » comme on les appelle en classes préparatoires.

Et pourtant, les Ecoles de Commerce mettent en avant l’esprit d’initiative qu’elles inculqueraient à leurs étudiants ainsi que leurs enseignements qui sont censés permettre aux étudiants de devenir les futurs acteurs du changement. Dans cette optique, l’Ecole de Commerce se présente comme cette entité capable de donner les clés aux futurs cadres pour comprendre un monde changeant et ainsi leur permettre de faire évoluer les choses et les manières de penser.

Loin du cliché des étudiants débauchés, arrogants, je-m’en-foutistes et uniquement intéressés par les intérêts mercantiles sans se soucier de l’éthique comme les décrit Kim Chapiron dans La Crème de la crème, je souhaite simplement donner mon avis d’étudiant en Ecole de Commerce sur la prétendue capacité des Ecoles de Commerce à former des acteurs du changement. Lire la suite