Le système représentatif en quelques lignes

Dans quelques semaines, les Français seront de nouveau appelés aux urnes dans le cadre des élections européennes. S’il y a de fortes chances que l’abstention et les votes blancs ou nuls atteignent encore une fois des niveaux records, il n’est clairement pas impossible que le pouvoir en place se serve de ces élections (en cas de bons résultats) pour affirmer qu’il est légitime et que les urnes auront alors, dans leur logique, balayé la contestation sociale. Peu importe que lesdites élections ne portent pas sur des enjeux nationaux ou même qu’une élection ne purge en aucun cas une contestation sociale, la caste au pouvoir depuis des décennies se sert abusivement du paravent des élections et du système représentatif pour s’acheter une légitimité.

Les thèses sous-jacentes sont relativement évidentes et simples à saisir. Elles se résument en un syllogisme d’un simplisme confondant : la démocratie est représentée par les élections, les élections m’ont désigné, je suis donc démocratiquement légitime. La faiblesse de cet argumentaire – au-delà du fait que le syllogisme est à la pensée ce que le fœtus est à l’humain, c’est-à-dire une forme très primitive – réside bien entendu dans le fait qu’absolument rien ne permet de faire coïncider système représentatif et démocratie, bien au contraire.

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Le déficit public en quelques lignes

Il est devenu, depuis des décennies et l’émergence du néolibéralisme, l’un des mantras les mieux partagés par les institutions internationales. Couplé à sa sœur, la dette publique (qui sera abordée dans un prochain billet), le déficit public, ou plutôt sa crainte, s’est progressivement imposé comme la nouvelle matrice de compréhension de l’économie et la politique partout sur la planète. Dans cette croisade du néolibéralisme, le FMI n’était pas le dernier des soldats pour imposer à grand coups de plans d’ajustement structurels les théories chères à l’école de Chicago, menée par Milton Friedman.

Devenu matrice de compréhension et d’action, le déficit public est assurément l’un des symboles les plus prégnants de la construction européenne et de la mise en place de l’euro. Si, selon la légende, la fameuse règle des 3% du traité de Maastricht a été imaginé sur un coin de table et sans profonde réflexion, celle-ci est désormais un véritable dogme auquel tant l’Union Européenne que ses institutions et ses pays membres rendent un véritable culte. Pourtant, à y regarder de plus près, cette crainte absolue du déficit public couplée à ce seuil absurde de 3% ne vise à rien d’autre qu’à tenter de contraindre par la peur à croire que celui-ci est un fléau absolu alors même qu’aucune analyse macro-économique sérieuse ne saurait l’affirmer sans passer pour une bouffonnerie.

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La laïcité en quelques lignes

J’ai quelque peu réfléchi avant de me lancer dans l’écriture du premier volet de ce nouveau format « en quelques lignes ». Fallait-il faire une explication dudit format ou plutôt entrer directement dans le vif du sujet ? Si l’explication d’un format a ses avantages elle a également des inconvénients lourds et ne permet pas à mon sens de comprendre totalement la chose dans la mesure où l’on n’est pas entré totalement dans le fond du sujet. Voyez donc dans ce billet le premier d’une longue série dont le format n’est pas encore totalement fixé et qui a vocation à évoluer.

Pour essuyer les plâtres de ce nouveau format j’ai donc choisi de prendre pour sujet une vieille dame de bientôt 120 ans, régulièrement mise à mal et travestie par ceux qui n’ont pas le courage d’assumer leurs positions haineuses et racistes mais qui préfèrent s’en servir comme d’un masque. Je veux bien entendu parler de la laïcité à la française (cette précision a son importance) et des détournements qui en sont fréquemment faits. Du voile de Creil à celui de Decathlon en passant par le burkini et bien d’autres sujets, l’hystérie autour de l’Islam en France aboutit bien souvent à dévoyer la laïcité pour lui faire dire ce qu’elle n’est pas.

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