Avec le télétravail, le retour des jours heureux ?

Bureau dans une petite ville – Edward Hopper

Avec la fin du confinement et la probable disparition de la pandémie dans un horizon plus ou moins proche, nombreuses sont les personnes à parler désormais du « monde d’après ». Si je n’ai personnellement aucune certitude sur le côté bénéfique de la société qui émergera de cette crise sanitaire, économique et sociale, il y a pourtant un point sur lequel je suis presque sûr que les choses vont drastiquement changer, le télétravail. La crise sanitaire et le confinement ont effectivement favorisé, pour une partie de la population, la pratique du télétravail.

Cette pratique, nous le verrons, était assez peu répandue en France et, si la grève de la RATP courant décembre et janvier derniers, avait déjà poussé les employeurs à accorder ce droit au télétravail à leurs employés, avec le confinement les choses sont passées à un niveau supérieur. Nombreux sont ceux à voir dans ce qu’il s’est produit ces dernières semaines un formidable accélérateur sur la question et expliquent qu’il n’y a que des avantages au télétravail. S’il existe des avantages indéniables, il me semble également que des éléments néfastes sont générés par cette généralisation du télétravail, l’objet de cette réflexion est d’essayer de recenser ces éléments (sans, bien sûr, prétendre à l’exhaustivité).

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La gratuité des transports en quelques lignes

La Nouvelle Moscou – Youri Pimenov

Sauf retournement de situation plutôt improbable à ce jour, dans quelques semaines (le 28 juin plus précisément), une bonne partie des Français sera appelée aux urnes dans le cadre du second tour des élections municipales – une bonne partie seulement parce que les communes ayant déjà élu un ou une maire au premier tour ne voteront bien évidemment pas. Hier soir à 18 heures les préfectures ont fermé leurs portes, marquant ainsi la fin du dépôt des listes pour ce second tour et il y a fort à parier que dans un certain nombre de grandes villes les sujets écologiques auront la part belle dans les débats.

Outre Grenoble déjà administrée par un maire écologique depuis 2014, Lyon ou Bordeaux pour ne citer qu’elles sont des villes ou EELV figure en relative bonne position et a de réelles chances d’accéder à la mairie centrale. Plus largement, la prise de conscience des problématiques environnementales pourrait pousser, dans les années à venir, bien plus loin le débat sur ces sujets là et la politique de transports publics est sans doute l’un des meilleurs atouts dans les mains des mairies pour agir concrètement pour l’écologie. Rendre gratuits lesdits transports serait effectivement à la fois une mesure environnementale et une mesure sociale.

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Quelques réflexions à propos de 2022

Un soir de grève – Eugène Laermans

[Avant-propos] : Plus encore que d’habitude, les lignes que vous lirez dans ce billet sont le fruit d’une réflexion personnelle. Elle est évidemment abondée par un certain nombre d’éléments mais je n’ai pas d’autre prétention que de livrer l’état des mes pérégrinations intellectuelles et politiques à un moment donné. Ceci implique donc que mon positionnement pourrait évoluer à l’avenir, fruit du contexte ou d’une évolution de mes idées. Ce billet n’est en aucun cas une solution clé en main apportée à l’épineuse question de l’union des gauches et de la prise de pouvoir d’une alternative sociale, écologique et fraternelle. Il est tout juste ma modeste pierre apportée à un édifice qui me dépasse largement. En espérant qu’elle ne heurtera pas outre mesure, ce n’est assurément pas son but.

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La théorie du ruissellement en quelques lignes

La grande vague de Kanagawa – Katsushika Hokusai

Depuis 2017 et son accession au pouvoir, Emmanuel Macron mène une politique de classe et d’attaque en règle contre le modèle social français. Démantèlement progressif des cotisations, destruction méthodique des protections des salariés dans le code du travail, volonté de mettre à mal les retraites, c’est bien à une attaque globale que nous assistons. En parallèle des efforts qu’il impose aux classes populaire et moyenne, le pouvoir accorde avantage sur avantage aux possédants et aux classes supérieures. Instauration d’un prélèvement forfaitaire unique (ou flat tax) sur les revenus du capitaux, suppression de l’ISF et autres cadeaux répondent à un objectif de bien commun si on écoute le monarque présidentiel et ses affidés.

Il y a quelques temps en effet, Monsieur Macron avait expliqué par une métaphore alpine – que bien des alpinistes ont d’ailleurs déconstruite – quelle était la vision qu’il adoptait en menant une telle politique. Evoquant les « premiers de cordée », le successeur de François Hollande avait affirmé que leur tomber dessus revenait à avoir des effets négatifs sur tous les autres, « ceux qui ne sont rien » comme il avait appelé quelques temps auparavant « ceux qui ne réussissent pas ». Cette vision qu’il a explicitée par cette métaphore n’est autre que la théorie du ruissellement (dite du trickle-down en version originale).

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Les salles de shoot en quelques lignes

L’entrée du port de Marseille – Paul Signac

Depuis quelques jours et la fin du confinement dans le pays, les débats sur la tenue ou pas du deuxième tour des élections municipales d’ici à la fin juin font rage. Alors que le conseil scientifique a récemment expliqué qu’il était encore trop tôt pour avoir une idée pertinente de la circulation du virus et donc de la possibilité de faire se tenir le scrutin, un certain nombre de maires ou de candidats ont effectivement appelé à l’organisation de ce scrutin avant les vacances d’été. Le corollaire de ces multiples appels est évidemment que d’aucuns ont recommencé à faire campagne.

Parmi les sujets qui vont certainement faire débat dans les grandes villes, l’on trouve en bonne place la question de la sécurité et plus précisément celle des trafics de drogue. Utilisée comme un commode épouvantail par bien des candidats et candidates, cette question est souvent liée à celle des salles de shoot. Prestement présentées par les candidats de droite ou d’extrême-droite comme le symbole du laxisme voire de l’angélisme des mairies de gauche ou apparentées, ces dernières sont pourtant selon moi l’une des manières de lutter contre le fléau d’un certain nombre de drogues dures, en particulier l’héroïne.

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L’action citoyenne pour éviter le pire ?

En emportant une large majorité absolue lors des élections législatives de 2017, la République en Marche prétendait avoir fait entrer la société civile à l’Assemblée Nationale. Par-delà le parti d’Emmanuel Macron, le recours à ce concept fumeux qu’est la société civile est désormais devenue monnaie courante dans la sphère partisane. Face au bouleversement politique et sociétal que représente la défiance grandissante à l’égard des partis dits de gouvernement un peu partout sur la planète, l’appel à immerger lesdits partis dans la société revient avec plus de force sans que l’on sache parfois très bien de quoi il en retourne exactement.

Le cas de LREM est à ce titre éloquent puisqu’il fait figure d’exemple quasi-paroxystique d’une des manières d’instrumentaliser cette question de la société civile pour faire que rien ou presque ne change dans les rapports de force politiques. En faisant entrer des nouvelles têtes au Parlement, le parti présidentiel n’a évidemment pas intégré la société dans sa diversité mais uniquement la fraction des cadres et des classes supérieures. Plus largement, l’intérêt de l’action citoyenne réside principalement dans le fait que celle-ci déborde du cadre parlementaire et qu’il se pourrait bien que ça soit par ce biais là que les choses évoluent rapidement, tant les mobilisations citoyennes de ces dernières années semblent être d’une nature nouvelle et s’inscrire dans une période d’effondrement (ou tout du moins de remise en cause) du système représentatif.

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La planification en quelques lignes

Depuis hier, la France est entrée dans la phase du déconfinement après presque deux mois de confinement. Si cela ne signifie bien entendu pas que l’épidémie est terminée et derrière nous, cette nouvelle phase pose avec une acuité plus grande encore la question du modèle économique et de société que nous souhaitons mettre en œuvre, le fameux « monde d’après ». Par-delà les tribunes et les professions de foi creuses qui se multiplient, il s’agit d’être conséquent et d’essayer d’esquisser ce que pourrait être un infléchissement ou un changement de modèle. Dans cette optique, la question de la planification pourrait s’avérer centrale, notamment dans ce qu’elle nous révèle de l’hypocrisie de la classe dirigeante.

Très rapidement en effet, dès lors que surgit la question de la planification (économique, écologique, sociale, etc.) dans le débat public, les classes dirigeantes et possédantes s’empressent de pousser des cris d’orfraie absolument horrifiés et de convoquer le-communisme-et-ses-centaines-de-millions-de-morts, l’équivalent du point Godwin pour eux. Il me semble pourtant que la critique de la planification qui est faite par ces personnes ne concernent pas la question de la planification en elle-même mais bien plus des acteurs qui doivent la mettre en place. En d’autres termes, il s’agit bien moins d’un débat sur la planification que sur le pouvoir.

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