Non nous ne sommes pas en guerre

Nous espérions tous que 2016 allait nous permettre de tourner la page d’une année 2015 sanglante et marquée par le sceau de l’horreur sur le continent européen, qu’après les 17 morts de janvier et les 130 morts de novembre nous aurions droit à un peu de répit. Pourtant, paradoxalement, nous savions bien dans le même temps que de tels actes pouvaient se reproduire, allaient se reproduire. Quand vendredi dernier Salah Abdeslam a enfin été arrêté, nous avons poussé ensemble un soupir de soulagement. Alors oui, cette arrestation nous ramenait quelques mois en arrière, en cette si triste soirée de novembre mais c’était pour une bonne raison pensait-on : les autorités allaient pouvoir en savoir plus.

Il nous aura fallu à peine plus de trois jours pour que ce relatif apaisement soit balayé par de nouveaux actes de terrorisme sanglants, à Bruxelles cette fois. Un peu comme une réponse à l’arrestation de Salah Abdeslam – qui aurait déclaré aux policiers belges « ce n’est pas parce que je ne joue plus que le jeu s’arrête » – trois explosions  ont retenti hier matin à Bruxelles, à l’aéroport et dans le métro, faisant plus de 30 morts. Là encore les souvenirs douloureux du 13 novembre sont remontés à la surface et les réactions de notre Premier ministre se sont rapprochés de celle d’il y a quatre mois : « La France est en guerre, l’Europe est en guerre » a-t-il martelé une nouvelle fois, déformant toujours plus la réalité et arborant une position belliciste qui sied bien peu au besoin d’unité. Lire la suite

Le retour de l’Iran ou la peur de l’impérialisme

Longtemps paria des relations internationales, l’Iran revient de plus en plus dans le jeu de la diplomatie. L’élection de Hassan Rohani, un président vu comme progressiste, puis l’accord sur le nucléaire de juillet dernier ont contribué à replacer l’Iran au centre de la diplomatie mondiale et plus précisément au cœur des problématiques du Proche et du Moyen-Orient. Longtemps catalogué comme faisant partie de l’axe du mal après la révolution islamique de 1979 qui a chassé le Shah pour instaurer une théocratie, l’Iran, seul pays chiite du Moyen-Orient, a été souvent très isolé.

Son environnement proche lui était, en effet, hostile en raison de l’opposition entre sunnites et chiites et, pour ne rien arranger, les grandes puissances occidentales, Etats-Unis en tête, ont longuement soutenu l’Arabie Saoudite ou l’Irak. Les puissances du Moyen-Orient voient donc d’un très mauvais œil ce retour au premier plan de l’Iran. L’Arabie Saoudite et le Qatar craignent, en effet, grandement un retour en force de l’Iran et, de facto, le retour des velléités expansionnistes et impérialistes de l’Iran. Personne n’a oublié que l’Iran descend directement de l’ancien Empire Perse et les pays sunnites redoutent grandement un retour des ambitions impérialistes. Lire la suite