La flat tax en quelques lignes

Il y a quelques jours, nous apprenions que les inégalités et la pauvreté avaient progressé en France durant l’année 2018. Loin d’être anodine, cette progression est même l’une des plus fortes de l’histoire depuis qu’on la calcule en ce qui concerne les inégalités puisque le coefficient de Gini – l’un des indicateurs de l’inégalité dans les sociétés (qui va de 0 à 1, 0 étant l’égalité parfaite, 1 l’inégalité parfaite) – avait augmenté comme presque jamais. Les seules fois où la hausse a été aussi ou plus élevée que lors de l’année dernière, c’est lors de crise (celle de la bulle internet ou les conséquences de la crise des subprimes couplée à celle de l’euro). Dans cette hausse des inégalités et de la pauvreté, même s’il s’en défend, Emmanuel Macron est le principal responsable.

Evidemment, en bon néolibéral, le monarque présidentiel nous explique qu’il faut approfondir ses réformes structurelles pour voir les effets bénéfiques de sa politique mais la réalité est toute autre. C’est bel et bien sa politique en faveur des très riches couplée à des mesures frappant de plein fouet les classes les plus populaires de notre société qui ont abouti à un tel constat en 2018. Parmi les outils de la politique macronienne, la politique fiscale n’est pas la moindre des raisons expliquant cette forte progression des inégalités, en particulier l’instauration d’une flat tax, ou prélèvement forfaitaire unique, sur les revenus du capitaux.

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La classe moyenne en quelques lignes

A la lecture du budget 2020, il apparait clair que Macron et son gouvernement ont fait de la baisse des impôts pour la classe moyenne l’alpha et l’oméga de leur prétendu virage social. Bien conscients que c’est en faisant adhérer ladite classe moyenne à sa politique que Macron et sa caste ont une chance de se maintenir au pouvoir et de continuer le saccage social en cours, ils tentent par tous les moyens d’obtenir cette adhésion, se plaçant en garant de la préservation de la classe moyenne. Parce que, pour paraphraser Engels et Marx, l’on pourrait dire qu’un spectre hante l’Europe et plus particulièrement la France, celui de la disparition de la classe moyenne.

La classe moyenne semble pourtant avoir tout du mythe, de cet élément un peu fourre-tout au sein duquel tout le monde se retrouve. Pourtant, les contours de ladite classe moyenne sont flous à souhait, ce qui n’est pas un hasard selon moi. La classe moyenne est assurément le meilleur instrument socialement coercitif créé par le capitalisme néolibéral pour contrôler les masses, en particulier les classes populaires. Il est temps de sortir de la caverne et de déconstruire cette fable. Au risque de continuer à s’épuiser en se battant contre des moulins à vents.

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La dévaluation monétaire en quelques lignes

Depuis quelques temps, il est devenu courant d’entendre parler de guerre commerciale entre certaines grandes puissances économiques – le cas des tensions sino-étatsuniennes faisant à cet égard figure de symbole – mais il est désormais très rare, pour ne pas dire exceptionnel, de voir se mettre en place des tensions monétaires entre Etats. Il y a, bien entendu, toujours les reproches effectués à l’encontre de la Chine et de son yuan artificiellement sous-évalué mais à l’époque contemporaine, les principales tensions monétaires dont nous entendons parler sont bien plus le fait d’attaques spéculatives sur telle ou telle monnaie (la Turquie en fait d’ailleurs les frais depuis un certain temps). Pour dire les choses autrement, les soubresauts monétaires sont aujourd’hui moins le fait d’une politique volontariste qu’un état de fait subi par les Etats.

Durant longtemps pourtant, les tensions commerciales s’accompagnaient de tensions monétaires parfois plus importantes. L’histoire économique européenne est, par exemple, parcourue de ces guerres monétaires lors desquelles les dévaluations s’enchainaient dans l’objectif de demeurer compétitif sur le marché international. La France, à ce titre, fait figure d’excellent contre-exemple puisque pendant un certain moment celle-ci a mené une politique du franc fort, au prix de conséquences sociales et économiques parfois désastreuses. Faut-il dès lors comprendre que la dévaluation monétaire aurait aujourd’hui cessé d’être un outil pertinent dans le cadre d’une politique économique ?

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Vers la fin du capitalisme ?

Il y a deux ans, au moment de la campagne pour l’élection présidentielle, Benoît Hamon a décidé d’axer l’ensemble de sa campagne ou presque sur le bouleversement que représentent selon lui la robotisation et la montée en puissance de l’intelligence artificielle. Ledit bouleversement est tout à la fois sociétal et économique, en cela qu’il représente, à n’en pas douter, l’un des défis les plus complexes qu’a eu à affronter la civilisation humaine depuis longtemps. Raillé pour sa proposition d’instauration d’une taxe robot, vilipendé tant à sa gauche qu’à sa droite lorsqu’il a évoqué l’instauration d’un revenu universel d’activité (il y aurait des milliers de lignes à écrire sur ce seul sujet), le candidat socialiste à l’élection présidentielle n’a guère été pris au sérieux sur ce sujet et son score famélique à l’issue du premier tour a justifié, selon certains, le fait de ranger au placard les problématiques qu’il avait évoquées.

Si je suis loin d’être en phase avec le positionnement politique global de Benoît Hamon, il me parait plus qu’intéressant de se plonger dans la grille de lecture qu’il a proposée par rapport à ces questions de robotisation et d’intelligence artificielle dans la mesure où elles me semblent être primordiales pour penser le futur et notamment le remodelage du système économique en place depuis des siècles, le capitalisme. Bien que relativement peu ambitieuses, les mesures proposées par le désormais président de Générations fournissent un point de départ intéressant pour réfléchir aux implications à venir de ce qu’il faut bien placer sous le vocable de révolution. Plus précisément, il me parait évident que le capitalisme est voué à disparaitre sous les coups de boutoir de cette révolution puisque celle-ci met à mal l’un de ses fondements, la dissociation entre la propriété du capital et du travail.

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L’austérité en quelques lignes

Depuis quelques années la question des politiques austéritaires s’est imposée comme l’un des débats centraux au sein de l’Union Européenne et plus précisément dans la zone euro. Espagne, Italie, Portugal, Grèce, Irlande, nombreux ont été les pays à avoir été contraints par la Troïka (BCE – Commission Européenne – FMI) à appliquer des politiques austéritaires en baissant drastiquement les dépenses publiques afin d’obtenir de nouveaux prêts de la part de telle ou telle institution financière.

Si les pays membres de l’Union Européenne n’ont commencé à faire l’expérience de l’austérité qu’à la suite des crises de 2007-2008 puis de la zone euro, d’autres pays dans le monde les ont subies depuis bien longtemps. Il serait en effet bien malhonnête de présenter l’arrivée des politiques austéritaires sur le continent européen comme une nouveauté dans le monde. Pour autant, il me semble bien que l’exemple grec en particulier permet d’illustrer à merveille tant les impasses que le caractère autoritaire de ces politiques scélérates qui n’ont finalement pas d’autre but que de spoiler les citoyens pour offrir les Etats aux puissances d’argent.

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Vingt ans après, un fiasco nommé euro

A quoi reconnait-on un fiasco ? L’on peut bien sûr tirer des bilans longs comme le bras, peser les avantages et les inconvénients puis constater que ces derniers sont largement excédentaires ou encore interroger un large panel de personnes pour juger de la pertinence de telle ou telle mesure. Il est pourtant des sujets qui dépassent allègrement le simple cadre de la rationalité, pour entrer dans la case du symbole. Ainsi en est-il de l’euro, cette monnaie qui devait être l’horizon commun de tous les pays membres de l’Union européenne. A son lancement en effet, l’objectif était bel et bien qu’à terme l’ensemble des adhérents de l’UE finissent par l’adopter. Bien au contraire, la monnaie unique est progressivement devenue le symbole d’une union à plusieurs vitesses au fur et à mesure que des pays le refusaient.

Symboliquement, l’échec est patent. L’on pourrait alors objecter que 19 des pays de l’UE utilisent la monnaie unique et que cela représente une assez large majorité des membres de l’union. Pourtant, le deuxième coup de semonce symbolique contre la monnaie unique est bel et bien que ce qui était présenté comme l’aboutissement de l’union économique et, donc, monétaire vient de fêter ses vingt ans dans un anonymat presque total. Alors même que l’on aurait pu s’attendre à des célébrations en grandes pompes, nous avons assisté à un vingtième anniversaire rabougri, assurément en raison du fait que des célébrations grandiloquentes auraient sonné comme une insulte de plus à l’égard de bien des peuples qui souffrent horriblement de cette monnaie unique désormais considérée par beaucoup comme maudite ou néfaste.

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La dette publique en quelques lignes

« La France a quasiment 100% de dette. […] Qui peut croire qu’on insulte son banquier, surtout s’il est étranger, lorsqu’on lui doit autant d’argent ? C’est une question de souveraineté ». En ces termes, hier sur France Inter, Gérald Darmanin le ministre de l’Action et des Comptes publics a remis sur la table la question – ou peut-être devrions-nous dire l’épouvantail – de la dette publique. En en profitant au passage pour glisser un tacle à la France Insoumise et à Jean-Luc Mélenchon, l’ex-sarkozyste n’a fait que répéter une énième fois la doxa néolibérale à propos de la question de la dette publique qui serait, si on écoute les néolibéraux, insoutenable et aliénerait la souveraineté de la France.

Il y a quelques semaines j’avais évoqué le sujet du déficit public en expliquant qu’il formait un système avec la dette publique. Le passage radiophonique de Monsieur Darmanin n’a fait que le confirmer puisqu’il a, de lui-même, lié les deux sujets en nous expliquant que c’était précisément parce que la France avait été en déficit chronique pendant 40 ans qu’elle avait une dette aussi grande (omettant au passage le poids du renflouement des banques après la crise de 2007-2008 dans son argumentaire) et qu’en conclusion, il fallait baisser la dépense publique et, vous l’aurez compris, le déficit, pour commencer à résorber ladite dette. Il n’est pas neuf de voir la dette publique brandie comme un épouvantail. Et comme tout épouvantail construit de toutes pièces, la faiblesse de l’argumentaire sur la dette publique réside dans le fait qu’il est assez facile de le déconstruire.

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