La théorie du ruissellement en quelques lignes

La grande vague de Kanagawa – Katsushika Hokusai

Depuis 2017 et son accession au pouvoir, Emmanuel Macron mène une politique de classe et d’attaque en règle contre le modèle social français. Démantèlement progressif des cotisations, destruction méthodique des protections des salariés dans le code du travail, volonté de mettre à mal les retraites, c’est bien à une attaque globale que nous assistons. En parallèle des efforts qu’il impose aux classes populaire et moyenne, le pouvoir accorde avantage sur avantage aux possédants et aux classes supérieures. Instauration d’un prélèvement forfaitaire unique (ou flat tax) sur les revenus du capitaux, suppression de l’ISF et autres cadeaux répondent à un objectif de bien commun si on écoute le monarque présidentiel et ses affidés.

Il y a quelques temps en effet, Monsieur Macron avait expliqué par une métaphore alpine – que bien des alpinistes ont d’ailleurs déconstruite – quelle était la vision qu’il adoptait en menant une telle politique. Evoquant les « premiers de cordée », le successeur de François Hollande avait affirmé que leur tomber dessus revenait à avoir des effets négatifs sur tous les autres, « ceux qui ne sont rien » comme il avait appelé quelques temps auparavant « ceux qui ne réussissent pas ». Cette vision qu’il a explicitée par cette métaphore n’est autre que la théorie du ruissellement (dite du trickle-down en version originale).

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L’articulation production-redistribution en quelques lignes

S’il y a bien un processus argumentaire qui rassemble presque l’ensemble des laudateurs du système économique actuel, c’est bien celui articulant la production et la redistribution. Pour être plus précis, cette carte est souvent la dernière brandie par les capitalistes dès lors que le débat commence à porter sur la question de la redistribution des richesses. Après avoir critiqué vigoureusement toute défense de ladite redistribution, l’étape suivante est souvent celle qui explique qu’avant de pouvoir redistribuer, il faut produire – la métaphore souvent utilisée étant celle du gâteau qui doit être gros pour être partagé. Une telle position vise bien évidemment à faire passer pour une concession ce qui n’est en réalité que la défense de l’ordre déjà établi – toute ressemblance avec un retrait « provisoire » d’un quelconque âge pivot n’a évidemment rien de fortuit.

Le plus dramatique dans la défense de cette articulation production-redistribution est sans conteste que le simplisme de l’argumentaire tend à convaincre par moments des personnes qui n’ont absolument aucun intérêt à défendre un tel système. Il devient donc urgent de déconstruire cet argument qui a tout d’une fable. Outre la philosophie souffrance/récompense que suggère une telle méthode, agiter cet argumentaire revient précisément à déporter le débat pour qu’il ne traite plus la question de la production et de la propriété des moyens de production.

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