La critique du salariat et ses impasses

La tour de Babel – Pieter Brueghel l’Ancien

Depuis maintenant une semaine et pour encore au moins 25 jours, la France est de nouveau entrée dans une phase de confinement. Bien que celui-ci diffère assez substantiellement du premier (établissements scolaires ouverts, entreprises du BTP continuant à travailler, etc.), un nombre une nouvelle fois conséquent de salariés se retrouvent au chômage partiel. Cette mesure très protectrice quand on la compare à ce qui peut se faire dans le reste du monde vise avant tout à maintenir le niveau d’emploi et ainsi réduire le mur du chômage, selon la formule consacrée, qui ne manquera probablement pas de se produire en même temps qu’une crise sociale d’ampleur. Il est, à ce titre, assez ironique de constater que ce gouvernement tout acquis à la logique d’ubérisation dépenser des milliards pour cette mesure – qui marque toutefois un continuum avec l’idéologie mise en place depuis 2017, j’y reviendrai dans un prochain billet.

La pandémie et la crise sanitaire qui en a découlé ont précipité une crise à la fois économique et sociale dans la mesure où de nombreuses associations aidant les personnes en grande précarité ont annoncé l’augmentation de celle-ci avec les différentes mesures prises pour tenter d’endiguer la maladie. Plus largement, il me semble que la situation depuis mars aurait dû permettre à la gauche de mener une bataille culturelle pour la défense des services publics et une autre organisation de la société, en deux mots une rupture avec le capitalisme au moins dans sa version néolibérale. Cette rupture passe évidemment par une critique acerbe du salariat et de ses conséquences délétères même si celle-ci peut mener à des impasses relativement mortifères au vu du modèle économique dans lequel nous sommes plongés.

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