La crise vénézuélienne ou le règne du simplisme

En termes de politique et de géopolitique, il est des évènements qui marquent des ruptures ou tout du moins qui en provoquent en forçant les responsables, les communicants et, finalement, tout un chacun à se positionner une fois qu’ils surviennent. Ce genre d’évènements jouent bien souvent le rôle de révélateurs. Au cours des dernières années, les printemps arabes ont assurément rempli ce rôle. De la répression exercée par Ben Ali à l’égard de son peuple au désastre syrien en passant par l’intervention militaire en Libye ou le coup d’Etat égyptien soutenu par l’extrême-majorité des chancelleries occidentales, les bouleversements dans le monde arabe ont joué ce rôle clivant, permettant tout à la fois de révéler les réels intérêts de certains tout en mettant fin à l’imposture des autres.

Il ne me parait pas exagéré de voir dans ce qu’il se passe actuellement au Venezuela l’un de ces évènements majeurs en termes de géopolitique. En forçant presque chacun à se positionner vis-à-vis de sa situation interne – couplé au fait que le Venezuela est un symbole de bien des choses – le pays agite les passions et excite le simplisme ainsi qu’on avait pu le voir lors de la campagne présidentielle française. Depuis un peu plus d’une semaine, le Venezuela se trouve effectivement plongé dans un trouble profond puisque Juan Guaido, président de l’assemblée nationale depuis le 5 janvier dernier et membre de l’opposition, s’est autoproclamé président en exercice lors d’une grande journée de mobilisation contre Maduro. Depuis, les réactions en chaine démontrent avec acuité à quel point le pays latino-américain dirigé par Chavez durant de longues années demeure un marqueur important pour le positionnement politique et géopolitique de beaucoup.

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